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Mireille Leblanc : Université de Moncton
Malgré une valorisation accrue de la diversité (Caron, 2008; Kahn, 2010; St-Vincent et Bergeron, 2011; Tomlinson, 2004), la formation des futurs enseignants n'offre pas de préparation adéquate pour composer avec cette diversité (St-Vincent et Bergeron, 2011; Porter et AuCoin, 2012). Dans un désir de mieux former les futurs enseignants à une gestion inclusive de la diversité, la Faculté des sciences de l'éducation de l'Université de Moncton rend obligatoire un cours qui porte sur la différenciation pédagogique inclusive. Depuis que nous donnons ce cours, nous désirons offrir aux étudiants des exemples concrets (savoir-faire) leur permettant de vivre eux-mêmes la différenciation pédagogique et ainsi favoriser une nouvelle perception des différences vues plutôt comme une source de richesse et non comme une source de dérangement occasionnant un surplus de travail (savoir-être). Ce processus de changement de nos pratiques éducatives s'accompagne d'une analyse réflexive continue de notre enseignement et par le fait même des apprentissages et des transferts souhaités ou réalisés par les étudiants.
Dans un premier temps, cette communication propose une réflexion sur le thème de la différenciation pédagogique inclusive enseignée, vécue et apprise à l'université. Dans un deuxième temps, elle présente des stratégies d'enseignement offrant des exemples concrets de différenciation pédagogique. Enfin, dans un troisième temps, des pistes d'action et de recherche sont proposées.
Comment intervenir afin d’amener les futurs enseignants à considérer la diversité, non plus comme un problème, mais plutôt comme une ressource, tel que le propose les chercheurs-formateurs s’intéressant au phénomène en contexte scolaire (Barth, 2013; Ducette et al., 1996; Prud’homme et al., 2011)? Si la diversité en éducation peut/doit être considérée comme l’expression légitime de l’unicité de chaque élève (caractéristiques et préférences liées à ses expériences antérieures), mais aussi au contexte où elle se manifeste (Prud'homme, Vienneau, Ramel et Rousseau, 2011), comment les dispositifs de formation peuvent-ils préparer le futur enseignant à reconnaître, valoriser et exploiter ce phénomène pour apprendre en classe?
Les acteurs scolaires sont nombreux à traiter d’une hétérogénéité croissante d’apprenants dans les écoles (Humphrey et al., 2006). Simultanément, une proportion importante d’enseignants expriment un faible sentiment de compétence face à la gestion de cette diversité, et ce, dans différents pays du monde (Bélanger, 2010; Horne et Timmons, 2009; Koutrouba et al., 2006; Paré, 2011; Ramel et Lonchampt, 2009; Rouse, 2010). Si les préoccupations au regard de ce phénomène ne sont pas nouvelles (Corno et Snow, 1983; Smith, 1969), elles semblent plus pressantes aujourd’hui et comportent certainement des défis importants pour la formation à l’enseignement. En ce sens, plusieurs écrits scientifiques et officiels réclament des changements majeurs en formation initiale des maîtres, proposant parfois la nécessité d’une restructuration d’ensemble des dispositifs de formation (Bergeron et St-Vincent, 2011; Ducette et al., 1996; Forlin, 2010; Imobersteg, 2010; Kane et al., 2002; Melnick et Zeichner, 1998; MEQ, 2001). La question de la préparation des futurs enseignants à travers la formation initiale est préoccupante face au phénomène de la diversité.
Ce colloque réunit des chercheurs-formateurs dont les travaux scientifiques visent à améliorer la formation initiale à l’enseignement à l’égard de la diversité qui se manifeste dans une classe. Cette rencontre scientifique veut permettre la diffusion de travaux sur cette question et est conçue comme un espace de dialogue sans frontières pour s'enrichir mutuellement de nos diversités culturelles. Ainsi, chacune des sessions débouche sur une discussion ouverte à l'ensemble des participants.
Thème du colloque :