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Renald Lemieux : CHUS - Centre Hospitalier Universitaire de Sherbrooke
Le Centre d'expertise clinique en radioprotection (CECR) est un regroupement d'experts mandaté par le ministère de la Santé et des Services sociaux pour assister celui-ci dans la mise en œuvre de son plan d'action relatif à la réduction de l'exposition aux rayonnements ionisants et pour offrir des services d'expertise-conseil et de soutien aux établissements de santé qui sont aux prises avec des problèmes complexes de radioprotection. Le CECR a initié en 2011 une tournée provinciale sur la tomodensitométrie dans les établissements du réseau public de santé du Québec. Les objectifs de cette tournée sont de procéder à une évaluation technique et fonctionnelle des tomodensitomètres (TDM) et d'initier un processus de réduction des doses aux patients via l'optimisation des trois protocoles d'examens standards les plus fréquemment utilisés en radiologie: protocoles de tête, de thorax et d'abdomen-pelvis, avec et sans contraste. Les recommandations apportées à la fin d'une visite dans un établissement de santé sont le fruit d'une étroite collaboration entre les experts locaux et les experts du CECR. À ce jour, 56 des 190 TDM à tester ont été évalués. La répartition des recommandations en fonction des protocoles standards se lit comme suit : 31% tête, 37% thorax et 32% abdomen-pelvis. Le pourcentage moyen de réduction de l'exposition suite à l'optimisation est de l'ordre de 18 à 24%, sans changer la qualité diagnostique de l'image, telle que perçue par les radiologistes participants.
Le rayonnement ionisant tel que les rayons X est utilisé depuis plus d’un siècle à des fins médicales et procure de l’information vitale pour le diagnostic et certaines interventions. Ce rayonnement par ailleurs engendre des dommages biologiques qui peuvent avoir des effets à court ou à long terme. Des études démontrent aujourd’hui que l’exposition au rayonnement à des fins médicales est à l’origine, par exemple, d’une augmentation des cas de cancers chez certaines cohortes de patients. Malgré ces effets délétères potentiels, le rayonnement ionisant est utilisé couramment à des fins médicales sur la prémisse que les bénéfices surpassent largement les risques d’effets indésirables. Devant une augmentation rapide du nombre d’examens radiologiques, soutenue par une plus grand accessibilité à la technologie, il convient cependant de se questionner sur l’usage raisonnable du rayonnement ionisant à des fins médicales. Ce colloque propose d’explorer cette question en faisant appel à des experts qui présenteront les grands enjeux reliés à l’utilisation sécuritaire du rayonnement ionisant à des fins médicales. Ils feront écho à plusieurs initiatives tant québécoises, canadiennes que nord-américaines visant une réduction de la dose de radiation d’origine médicale. L’objectif de réduction de dose devient un enjeu de santé publique qui interpelle plusieurs intervenants : technologues, médecins traitants, radiologistes, physiciens médicaux, ingénieurs biomédicaux, manufacturiers, patients et gestionnaires. Ce colloque permettra de dresser un portrait de la situation et de présenter des approches visant une réduction globale de la dose collective d’origine médicale. Il s’adresse autant aux experts qu’au grand public.