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Pour une pensée dialectique des archives

AK

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Anne Klein : Université Laval

Résumé de la communication

Si les usagers habituels des services d'archives sont assez bien connus et précisément définis, les usages, eux, sont traditionnellement liés à des domaines d'activité qui, pour être connus ne sont pas vraiment balisés. Ces domaines sont l'administration, la recherche et le patrimoine. Cependant, les archives sont aujourd'hui, notamment grâce à l'environnement numérique, comprises et utilisées hors de leur lieu traditionnel qu'est le service d'archives et souvent même hors de l'action des archivistes. D'un point de vue archivistique, les usages permettent de questionner la vision même des archives et leur définition. Ainsi, deux conceptions générales des archives existent aujourd'hui et apparaissent comme essentiellement contradictoires en ce que l'une (classique) est centrée sur le créateur des documents et le passé compris comme l'ensemble des actes posés par le créateur, tandis que l'autre (postmoderne) se fonde sur les fonctions sociales des archives et sur le rôle de l'archiviste. Ces deux visions permettent, à l'heure de l'exploitation et de la mise en valeur des archives à l'ère numérique et en suivant les traces et la pensée de Walter Benjamin, de proposer une pensée dialectique des archives. Mais que pourrait être une telle pensée, comment peut-elle être déployée et quel pourrait être son apport pour l'archivistique? Voici les axes que nous proposons de développer.

Résumé du colloque

Présente à toutes les étapes du cycle de vie des documents, recouvrant divers aspects comme l'accès, la valorisation, la référence et la promotion, l'exploitation des archives se révèle une dimension aux multiples facettes qui, à l'ère numérique, connaît une évolution remarquable. Depuis les expositions virtuelles jusqu'aux archives à voix haute en passant par le déploiement du Web 2.0, les archives sont mises à profit dans des réalisations, des milieux et auprès de clientèles des plus variées. Mais si le numérique joue un rôle de premier plan dans la mise en valeur des archives, il provoque aussi de nombreux changements : nouveaux acteurs, nouveaux lieux d'archivage, nouvelles pratiques, etc. De plus, la révolution numérique n'apporte pas que des bénéfices. Ses vertus ont aussi des effets pervers. À titre d'exemple, la gratuité n'est en fait qu'un nouveau modèle commercial et les traces numériques des activités sont autant de possibilités de surveillance et de contrôle. Bref, les archivistes sont confrontés à des défis majeurs en termes de mise à disposition des documents dont ils ont la charge : objets de moins en moins tangibles et de plus en plus complexes, nouveaux rapports avec les usagers, changement de temporalités (immédiateté, urgence, interactivité, etc.), passage de la diffusion de l'information à l'accès aux données, droits d'utilisation favorisant le partage et la réutilisation, nouveaux usages des archives à des fins de création, valeur émotive accordée aux documents d'archives, redéfinition des frontières entre le public et le privé, tant au plan individuel qu'institutionnel, passage d'une logique de recherche non plus centrée sur les institutions, mais sur les contenus, etc.

Face à des changements aussi fondamentaux, ce colloque vise la réflexion autour des relations entre les producteurs/propriétaires d'archives, les usagers ainsi que les professionnels qui conçoivent, réalisent ou pilotent des projets de mise en valeur documentaire.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 10 mai 2013

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