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Stéphanie Lemarchand-Thieurmel : Université Rennes 2
Cette recherche s'appuie sur l'étude des corpus des lectures des élèves de deux classes de lycées professionnels bretons sur trois ans. Ils sont obtenus à partir d'une autobiographie de lecteur à l'entrée en Seconde, et d'une enquête reconduite en début de chaque année. Des entretiens réguliers et l'analyse de quelques carnets de lecteurs permettent de développer quelques pistes d'analyse qualitative sur les postures de lecteur, ou de non lecteur, de littérature jeunesse au secondaire. Nous exposerons donc les éléments marquants de notre investigation. La littérature de jeunesse lue par ces élèves est le plus souvent expressément écrite pour les adolescents ; rarement d'origine scolaire, elle a des caractéristiques propres qu'il convient de définir. Cette littérature tend à disparaitre au profit d'une littérature populaire, souvent de best-sellers et il existe un lien entre les livres lus à l'entrée en Seconde et la manière dont se modifient les corpus. Si l'offre des éditeurs semble plus alléchante que celle de l'école, tous les lecteurs ne sont pourtant pas victimes de la consommation de masse. Une place existe donc pour la littérature de jeunesse qui « échappe à toute préfabrication » (Thaler/Jean-Bart 2002). La question de la littérature de jeunesse au secondaire doit donc être reposée : qu'est-ce que la littérature pour adolescents ? Quel rôle lui assigne-t-on : la question du plaisir de lire est-elle dissociable, à l'école, de celle de l'apprentissage de la lecture littéraire ?
Le champ de recherche de la didactique du français s’intéresse depuis ses origines à l’enseignement et à l’apprentissage de la littérature à l’école. Depuis quelques années cependant, une attention marquée est dévolue à la littérature dite de jeunesse dans le cadre scolaire. D’une part, au Québec, le monde de l’édition pour la jeunesse est passé, au cours des 30 dernières années, de la pénurie à la profusion de productions (Lepage, 2003). Les jeunes lecteurs sont maintenant mis en contact avec de nombreuses œuvres littéraires de genres et de formes de plus en plus variés. D’autre part, depuis le début des années 2000, les programmes scolaires des principaux pays de la francophonie ont donné ou redonné une place importante à la littérature de jeunesse dans la classe de français. Le programme québécois pour le primaire, par exemple, fait de cette littérature le lieu d’orchestration et de synthèse des compétences à lire, à écrire et à communiquer oralement. En matière d’enseignement et d’apprentissage de la littérature de jeunesse, il convient donc de développer chez les élèves des compétences liées à l’appréciation littéraire, mais aussi de construire chez ces apprenants une réelle appétence à découvrir des œuvres résistantes. Or, construire didactiquement le goût de lire demeure un défi pour les didacticiens et les enseignants. Il nous apparait donc nécessaire, plus de dix ans après la mise en place progressive de nouveaux programmes de formation, de nous questionner sur le rôle de la littérature de jeunesse dans l’éducation préscolaire et l’enseignement primaire et secondaire. Voici quelques questions qui seront traitées dans le cadre de ce colloque : Quels dispositifs didactiques novateurs mettre en place pour enseigner et faire apprendre différentes stratégies en lecture littéraire? Comment exploiter les interactions texte-images dans les œuvres pour la jeunesse? Comment différencier l’enseignement des œuvres intégrales dans des classes de plus en plus hétérogènes?
Titre du colloque :