Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Cathy Herbrand
Dans un contexte où l'idéologie de la consanguinité et le modèle de la famille nucléaire restent influents, il est parfois encore difficile pour un adulte qui s'occupe au quotidien d'un enfant avec qui il ne partage pas de lien biologique et légal, de trouver et définir sa place en termes de parenté, ainsi que de faire reconnaître celle-ci autour de soi et au sein de la société. Bien qu'un nombre croissant d'études aient porté ces dernières années sur la diversité de places et de rôles pris et assumés par le « co-parent », le « parent social » ou le « beau-parent », en particulier dans les couples lesbiens, peu de recherches se sont toutefois intéressées à la manière dont ceux-ci se jouent au sein des « coparentalités gaies et lesbiennes », à savoir des projets pluri-parentaux où un homme et une femme, sans lien conjugal, s'associent pour avoir un enfant et l'élever séparément, avec éventuellement la participation de leurs partenaires respectifs. Cette communication vise à explorer les diverses façons dont la figure du coparent social se déploie dans ces configurations gaies et lesbiennes, ainsi qu'à cerner les circonstances et les éléments qui peuvent intervenir dans la définition et la légitimation de cette position spécifique. Il s'agira notamment de considérer la dimension genrée de ces dynamiques et le rôle de la terminologie parentale utilisée.
Organisé par l'équipe de recherche Sexualités et Genres : Vulnérabilités, Résiliences, ce colloque propose une exploration multidisciplinaire des thèmes actuels en recherche concernant les enjeux vécus par les familles issues de la diversité sexuelle, ici et ailleurs. Il fera état de la réalité de ces familles, c’est-à-dire celles dont au moins l’un des parents s’identifie comme lesbienne, gai, bisexuel-le, transgenre ou transsexuel-le.
Ces familles ont comme particularité la dissociation qu’elles font entre la procréation et l’éducation des enfants alors qu’elles mettent en évidence une certaine rupture entre les aspects biologiques, sociaux et légaux dans le lien parent-enfant. En effet, pour se concrétiser, le projet parental des gais et lesbiennes doit nécessairement impliquer une tierce partie, que ce soit un donneur ou une donneuse de gamètes, une femme qui acceptera d’agir comme « mère porteuse », ou encore des parents d’origine d’un enfant adoptable. Quant aux familles transparentales (c’est-à-dire celles dont l’un des parents présente une transidentité), si elles n’impliquent pas nécessairement un apport extérieur à l’unité conjugale pour s’établir, elles doivent néanmoins composer avec une transformation du rôle parental induit par la nouvelle identité de genre,a fortiori lorsque celle-ci se produit après la création de la famille. Enfin, même si au Québec elles ont atteint l’égalité juridique depuis dix ans grâce à la Loi instituant l’union civile et les nouvelles règles de filiation, les familles issues de la diversité sexuelle doivent faire face à des enjeux et défis spécifiques reliés au contexte hétéronormatif dans lequel elles évoluent.
Concrètement, ce colloque abordera les thèmes suivant : a) enjeux et défis sociojuridiques auxquels font face ces familles; b) impacts de l’homophobie, de la transphobie et de l’hétéronormativité sur leur bien-être; c) besoins des familles en terme de services ou de programmes d’intervention; d) vécu des enfants et; e) état des lieux des recherches sur le sujet dans la francophonie.
Titre du colloque :
Thème du colloque :