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Emilia Deffis : Université Laval
Colegio Nacional de Buenos Aires, 1982. Voilà l'espace et le temps où la protagoniste du roman de Martín Kohan (Prix Herralde 2007) travaille en tant que surveillante. Ce récit sur les manières de surveiller et châtier les élèves, image de toute la société, devient un exercice qui, selon Di Marco, procure «jeter une certaine clarté, ne serait-ce qu'au niveau des questionnements, sur les perplexités du présent et, en particulier, sur la condition discursive spécifique et le fonctionnement social propre de la littérature comme activité politique de la mémoire».[1]L'objectif de cette communication est d'analyser les stratégies narratives de ce roman dans le cadre de la mémoire réparatrice des traumas du passé.
[1]Je traduis. Di Marco, José. “Fiction et mémoire dans la narrative argentine actuelle: l'écriture comme tactique”.http://www.memoria.fahce.unlp.edu.ar/trab_eventos/ev.11/ev.11.pdf.Consulté le 30 janvier 2013.
Lors de ce colloque, nous tenterons de reconstruire tant les voix, que les voies qui au 20e siècle ainsi qu’au 21e siècle incitent à une multiple écriture de l’histoire latino-américaine.?? En publiant Le général dans son labyrinthe?? (1989), l’écrivain d’origine colombienne Gabriel García Márquez s’est heurté à la grogne des historiens qui voyaient dans cette version possible des derniers pas de la vie de Simon Bolívar un discours subversif, une atteinte à la vérité historique. La question à se poser face à cette réaction d’hommes de science devant un récit de fiction n’est pas si le texte de García Márquez équivaut à un mensonge ou pas, sinon à savoir ce que signifie l’écriture de l’histoire en Amérique latine. Depuis la conquête —qui a confronté la version des vainqueurs, les européens, au silence des vaincus—, en passant par les guerres d’indépendance —qui ont consacré au rang de mythe certaines figures, visant à unifier l’identité nationale, l’imaginaire collectif — jusqu’à l’avènement de dictatures des plus sanguinaires au 20e siècle, l’écriture de l’histoire dans cette partie du continent américain a suivi la voie (et même la voix) du pouvoir. Comment contrer cette hégémonie du discours historique? Comment tenter récupérer de l’oubli les moments volontairement ou involontairement délaissés par l’historiographie? Plusieurs chemins ont été entrepris plus particulièrement vers la fin du 20e siècle et au 21e siècle afin de contrebalancer cette imposition unidirectionnelle de la mémoire : la création de romans historiques sous l’égide de l’anachronisme, du pastiche et de l’ironie; la recrudescence des narrations testimoniales ainsi que la tentative de retracer la voix des marginalisés de l’histoire latino-américaine (autochtones, femmes, personnages historiques mineurs,…) et de conter le passé à partir de leurs perspectives.