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Nicole Gallant : INRS - Institut national de la recherche scientifique
Le sentiment d'appartenance est une dimension importante de l'installation durable dans un nouveau milieu. Nous savons que l'appartenance se construit généralement dans l'interaction sociale, notamment avec les natifs, mais que les représentations d'un même groupe d'appartenance peuvent varier grandement d'un individu à un autre. Ainsi, lorsque deux individus disent se sentir « Québécois », ils peuvent avoir en tête une image bien différente de ce qu'est la québécité.
Dans cette communication, nous explorerons deux vecteurs de l'appartenance au Québec, en comparant les immigrants et les non immigrants à Montréal et en dehors de Montréal. Ces résultats sont issus d'une grande enquête par téléphone avec un échantillon représentatif de 850 habitants du Québec (400 Montréalais et 450 d'autres régions). Dans un premier temps, grâce entre autres aux réponses à une question ouverte, nous examinerons la place qu'occupe le Québec dans la configuration de leurs sentiments d'appartenance et de leur identité subjective. Par la suite, en nous appuyant sur des questions fermées issues d'une enquête qualitative antérieure, nous étudierons l'importance relative accordée à un ensemble de référents symboliques susceptibles d'être associés au Québec (langue française, mentalité, style de vie, statut de résident de la province, généalogie, etc.), afin de documenter comment les représentations des contours de la québécité varient selon les types de répondants.
Ce colloque, organisé par l’Équipe de recherche en partenariat sur la diversité culturelle et l’immigration dans la région de Québec (ÉDIQ, FRQSC), aborde la diversité culturelle et l’immigration en dehors des grands centres en questionnant les phénomènes d’insertion durable et de mobilité à la lumière des notions de transition, de qualité de vie et de sentiment d’appartenance. Il a pour but d’identifier les forces créatrices et les ressources d’inventivité des personnes, des groupes et des institutions au travers et au-delà des limites de la diversité. Une première hypothèse pose que les nouveaux arrivants ainsi que la population locale vivent des transitions qui questionnent les identités et les appartenances à partir de leurs ancrages historiques et de leurs dynamiques locales respectives. Une deuxième hypothèse avance que l’adaptation mutuelle, fondée sur la prise en compte des projets personnels et familiaux, sur la reconnaissance des identités et des apports de chacun, et sur la valorisation des apprentissages, des savoirs et des compétences acquis au cours de la mobilité ainsi qu’à travers les relations interculturelles, contribue à la cohésion sociale et à la qualité de vie de l’ensemble des citoyens. À l’heure où la diversité culturelle, historiquement fondatrice de la société québécoise, est remise en question et crée des inquiétudes concernant la cohésion sociale, les activités du colloque sont à même de contribuer à une réflexion sur l’élaboration des politiques et de proposer des manières innovantes d’accompagner les nouveaux arrivants, les membres des groupes minoritaires, la population en général dans un souci d’équité et d’égalité des chances.
Thème du colloque :