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Robert Faguy : Université Laval
Depuis les vingt dernières années, l'approche interdisciplinaire favorisée par l'arrivée des technologies numériques a complètement bouleversé les arts de la scène et a provoqué un renouvellement substantiel des écritures scéniques. Le cycle de production de ces oeuvres artistiques complexes s'est adapté à ce changement de culture. À un bout de la chaîne, les outils de conception cherchent à constituer une partition intégrée tenant compte des éléments de l'écriture scénique en mouvement (images, sons, chorégraphie…). Vient ensuite la mise en oeuvre physique et la validation de la conception dans un cycle de travail en répétition où certaines contraintes viennent inévitablement modifier ce qui avait été envisagé (changements documentés par des cahiers de production). Puis arrive le temps de la diffusion publique, de sa captation fixée sur différents supports et enfin le temps de la réception critique et analytique de l'oeuvre par des tiers. Chacune de ces étapes produit des traces et les supports numériques ont désormais le potentiel de mise en lien de ces documents afin de saisir l'évolution d'une oeuvre de sa conception à sa réception. La communication questionnera les modalités inhérentes au processus en s'appuyant principalement sur un projet de préfiguration d'un logiciel de dramaturgie scénique et aussi sur un site web en phase d'achèvement sur la mise en valeur par le numérique de productions scéniques passées (Pierre tombale ludique d'ARBO CYBER, théâtre (?).
Présente à toutes les étapes du cycle de vie des documents, recouvrant divers aspects comme l'accès, la valorisation, la référence et la promotion, l'exploitation des archives se révèle une dimension aux multiples facettes qui, à l'ère numérique, connaît une évolution remarquable. Depuis les expositions virtuelles jusqu'aux archives à voix haute en passant par le déploiement du Web 2.0, les archives sont mises à profit dans des réalisations, des milieux et auprès de clientèles des plus variées. Mais si le numérique joue un rôle de premier plan dans la mise en valeur des archives, il provoque aussi de nombreux changements : nouveaux acteurs, nouveaux lieux d'archivage, nouvelles pratiques, etc. De plus, la révolution numérique n'apporte pas que des bénéfices. Ses vertus ont aussi des effets pervers. À titre d'exemple, la gratuité n'est en fait qu'un nouveau modèle commercial et les traces numériques des activités sont autant de possibilités de surveillance et de contrôle. Bref, les archivistes sont confrontés à des défis majeurs en termes de mise à disposition des documents dont ils ont la charge : objets de moins en moins tangibles et de plus en plus complexes, nouveaux rapports avec les usagers, changement de temporalités (immédiateté, urgence, interactivité, etc.), passage de la diffusion de l'information à l'accès aux données, droits d'utilisation favorisant le partage et la réutilisation, nouveaux usages des archives à des fins de création, valeur émotive accordée aux documents d'archives, redéfinition des frontières entre le public et le privé, tant au plan individuel qu'institutionnel, passage d'une logique de recherche non plus centrée sur les institutions, mais sur les contenus, etc.
Face à des changements aussi fondamentaux, ce colloque vise la réflexion autour des relations entre les producteurs/propriétaires d'archives, les usagers ainsi que les professionnels qui conçoivent, réalisent ou pilotent des projets de mise en valeur documentaire.
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