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Territorialisation du travail artistique et transitions urbaines

BH

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Bernard Haumont : ENSA Paris-Val de Seine

Résumé de la communication

Les grandes villes du monde développent des politiques d'accueil et d'aide aux artistes et plasticiens, au-delà de l'art urbain, dans des formes institutionnalisées comme dans d'autres plus spontanées. Le travail artistique et ses productions sont maintenant parties prenantes des images et des attractivités urbaines, au sein des compétitions que se livrent les grandes métropoles. Sans compter les multiples avatars de la notion de « ville créative ».Face aux ressources culturelles que les artistes représentent, et les faibles revenus dont nombre de ces artistes disposent, des villes mettent à leur disposition ou acceptent des squats dans des locaux temporairement laissés à l'abandon : bâtiments industriels, friches, immeubles plus ou moins vétustes… jouant simultanément sur l'inconfort de ces situations, sur l'acceptation de vies « chiches » chez les artistes, et sur des proximités a priori propices à la création.Certains de ces « abandons » sont aptes à devenir des noyaux à partir desquels des quartiers culturels se développent, tandis que d'autres sont les amorces d'une réévaluation immobilière des quartiers considérés (souvent fatale pour les artistes), ou que d'autres encore génèrent, de façon diffuse, de véritables courants artistiques.Cette communication dressera une typologie succincte des situations territoriales des activités artistiques en s'appuyant sur des exemples français, états-uniens et chinois, en les resituant dans leurs temporalités urbaines.

Résumé du colloque

La période récente est marquée au Canada et au Québec, comme dans nombre de pays occidentaux, par l’émergence des artistes en tant que groupe professionnel. À cette reconnaissance s’ajoute l’habitude, devenue courante en Amérique du Nord et en Europe, d’approcher le secteur culturel comme bassin de main-d’œuvre et d’emplois. Ces tendances participent elles-mêmes d’un rapprochement intervenu, au cours des dernières décennies, entre monde culturel et monde économique. Ces mouvements ne vont pas de soi pour autant. Ils rencontrent diverses résistances, y compris chez les premiers intéressés, artistes et travailleurs culturels. Les artistes forment-ils vraiment un groupe professionnel? Confrontée à l’économie singulière de ces métiers, la recherche a ainsi été conduite à envisager un ensemble de caractéristiques dites "atypiques" en regard du monde du travail et d'univers professionnels plus traditionnels : absence de barrière à l’entrée de ces professions; pluriactivité et polyvalence plutôt que spécialisation au fondement du "professionnalisme"; organisation par projets plutôt qu’au sein d’organisations hiérarchiques formellement constituées; réussite professionnelle déterminée par la notoriété et la renommée plutôt que par des gains proprement financiers; fragmentation et complexité de la relation d’emploi, engendrant une diversité de statuts, du travailleur indépendant au salarié, en passant par ce statut hybride mais courant voire prédominant de l’indépendant-salarié. Travailleur, professionnel, entrepreneur ou pigiste? Le statut d’artiste vient troubler ces clivages habituels. Un ensemble de dispositifs, institutionnels ou organisationnels, viennent toutefois baliser, voire stabiliser, cet univers professionnel atypique. Parmi les plus visibles, mentionnons la formation professionnelle certifiée en milieu universitaire, les programmes d’aide publique à la création, les regroupements de type syndical ainsi que l’adoption au sein de ces mondes créatifs, de pratiques entrepreneuriales et managériales typiques du nouveau capitalisme. L’objet de ce colloque est précisément d’explorer ces caractéristiques atypiques et ces dispositifs organisationnels aujourd’hui au cœur de cette économie de la création. Ces caractéristiques atypiques sont-elles compatibles avec les formes actuelles d'organisation du travail? Les dispositifs existants sont-ils adaptés aux conditions réelles de travail artistique? Quel a aussi été, au cours des dernières décennies, le chemin parcouru en termes de statut professionnel et de condition de travail? De plus, le colloque vise à tous ces égards à souligner les différences de situation vécues au sein des différents domaines de création : arts et lettres, arts du spectacle, cinéma, médias numériques... Il vise également à mobiliser dans une perspective pluridisciplinaire des chercheurs de mondes tant académique que gouvernemental ou entrepreneurial, provenant du Canada et de l’étranger.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
manager icon Responsables :
Dominique Jutras
section icon Date : 10 mai 2013

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