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Traduire ou (re)composer les frontières : l'expérience poétique et politique du concert dans l'Elégie à Pablo Neruda de Louis Aragon

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Margaux Valensi : Université Bordeaux Montaigne

Résumé de la communication

Souvent envisagée comme borne, limite, point de séparation ou de démarcation, la frontière peut se comprendre aussi comme un lieu de partage, d'hospitalité, de polyphonie où s'entrelacent des voix, des accents et des images. Lorsque Pablo Neruda perd sa demeure suite au tremblement de terre de 1965 au Chili, son fidèle ami Louis Aragon écrit Élégie à Pablo Neruda. S'improvisant traducteur d'Estravagario de Pablo Neruda, le poète français investit l'espace textuel comme un lieu de concert, où deux voix poétiques s'accordent et habitent le texte. L'Elégie à Pablo Neruda se métamorphose en demeure, un espace commun, politique au sens littéral du terme, capable de penser un « nous » dans la catastrophe.

L' « hospitalité langagière[1]» et politique qu'offre Aragon au poète chilien se double dès lors d'une réflexion poétique dans la mesure où Aragon abolit la frontière entre intertextualité et traduction : la traduction se veut aussi fusion et appropriation de la voix de l'autre. Pour Louis Aragon traduire rime ainsi avec réunir et abolir, deux procès qui nous invitent à repenser la notion de frontière qu'elle soit géographique, politique ou poétique.

[1]RICOEUR Paul, Sur la traduction, éd. Bayard, 2004, Paris.

Résumé du colloque

Dans le cadre de ce colloque, nous invitons les personnes intéressées à la réflexion sur le rapport entre la traduction et la notion de frontière, tant physique que métaphorique, afin d’analyser le rôle que la traduction et les traducteurs jouent dans les échanges interlinguistiques et interculturels.

La frontière, cette limite entre deux territoires, prend parfois la forme d’une véritable région frontalière, avec toute la complexité que cela implique. En traductologie, l’un des principaux apports des théories « culturelles », néo-coloniales, et féministes a été de formuler la problématique de la traduction en termes pluriels, en dépassant l’aspect binaire de la culture source et de la culture cible. La traduction se présente alors comme un espace d’échange, de mixité, de métissage linguistique (aspects linguistiques, culturels, sociologiques, voire anthropologiques de la traduction); mais aussi un lieu de pouvoir (création des identités nationales, contrôle des influx migratoires et des influences étrangères, question des politiques linguistiques et culturelles), et potentiellement, de conflit (enjeux politiques et diplomatiques de la traduction, rôle des traducteurs et interprètes comme médiateurs).

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
news icon Thème du colloque :
La traduction comme frontière
section icon Date : 10 mai 2013

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Titre du colloque :

La traduction comme frontière

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Thème du colloque :

La traduction comme frontière