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Une anthropologue montréalaise en milieu rural au Québec : une «bobo » chez les « ruraux »?

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Anais Détolle : Université Concordia

Résumé de la communication

Les négociations entre anthropologue et acteurs (s'il existe une telle distinction) sont uniques de terrain en terrain. En pays étranger, elles sont souvent basées sur une perception exotique de l'autre. Chez soi, l'exotisme est moins apparent et plus muet et peut donc entraîner des incompréhensions mutuelles plus subtiles.

Mon terrain de recherche se déroulera dans les prochains mois et impliquera de prendre contact avec des producteurs alimentaires de produits du terroir en milieu rural. Ma situation d'urbaine, c'est-à-dire qui a peu quitté la métropole, m'amène à me poser des questions quant à mon entrée sur un terrain "chez moi", c'est-à-dire dans un Québec rural peu connu et peu vécu.

Cette communication se veut un regard auto-critique. En m'appuyant sur l'exemple de la compréhension différentielle de concepts, tel que celui de "nature", j'examinerai les effets de l'exacerbation médiatique de la différence entre Montréal et les autres régions du Québec. Cette exacerbation, que ce soit à travers des émissions de télévision telles que "les bobos" (caricature des habitants du Plateau) ou lors de la couverture d'élections ou de crises comme le printemps érable, accentue les construits identitaires et par le fait même les dichotomies urbains/ruraux, Montréal/région, gauche/droite. L'approche en terrain chez soi implique donc une prise de conscience appuyée de ces biais et construits identitaires afin d'éviter, le plus possible, de subtiles incompréhensions.

Résumé du colloque

L’anthropologie sociale et culturelle a traditionnellement étudié la diversité culturelle des peuples autochtones d’ici et d’ailleurs. Guidé par la méthode ethnographique, l’anthropologue séjournait alors longuement auprès du peuple étudié jusqu’à l’obtention d’une description de ses pratiques et des ses croyances (Boas 1911, Evans-Pritchard 1937, Malinowski 1922).

Bien que l’anthropologie traditionnelle soit toujours pertinente, plusieurs facteurs scientifiques et professionnels en diminuent la faisabilité. De ces facteurs soulignons le nombre grandissant d’études locales et d’auto-ethnographies (Augé 1992 et 1994, Bensa 2006, Caratini 2004) ainsi que les défis de l’employabilité des anthropologues de la relève. Pour répondre à ces nouvelles réalités disciplinaires, l’anthropologie se doit de diversifier ses pratiques et ses objets de recherche.

Ce colloque rassemblera des anthropologues professionnels et de la relève qui se sont démarqués de la tradition disciplinaire en menant leur recherche au Québec, sur des enjeux locaux. Leurs recherches et leurs parcours professionnels permettront de réfléchir à la question suivante : comment l'anthropologie peut-elle contribuer à l'étude des enjeux de notre société québécoise? Par ce colloque, anthropologues professionnels et étudiants feront part des résultats de leurs recherches en terrain québécois. Ils réfléchiront aux apports des méthodes, concepts et approches de l'anthropologie pour l'étude des enjeux de notre société québécoise.

Ce colloque poursuivra trois objectifs : 1) Promouvoir l’apport et la pertinence des recherches anthropologiques pour la société québécoise; 2) Diffuser les résultats de recherches anthropologiques effectuées au Québec; 3) Soutenir la relève par le dialogue entre anthropologues professionnels et étudiants.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
manager icon Responsables :
Karine St-Denis
section icon Date : 10 mai 2013

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