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Voix féminines dans La niña blanca y los pájaros sin pies, de Rosario Aguilar : vers une réécriture de l'histoire des femmes lors de la conquête

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Doris Mayorga Fiallos : Université Laval

Résumé de la communication

Dans ce roman, Aguilar donne la parole aux histoires de la conquête les plus passées sous silence, celles des premières femmes espagnoles et indigènes qui ont souffert la rencontre coloniale. Ce récit est exprimé d'un ton faussement autobiographique : c'est l'histoire de la relation entre la narratrice et un journaliste espagnol qui voyage au Nicaragua afin de couvrir les élections de 1989. Le roman, raconté au présent, est aussi une histoire fragmentée qui contient une introduction et un épilogue, en plus de quatre intervalles qui interrompent et à la fois expliquent la construction littéraire des six récits historiques qui se chevauchent. Avec ce ton prétendument autobiographique, Aguilar introduit une dimension de métafiction qui lui permet, non seulement de commenter ce processus créateur, sinon de faire aussi une révision des chroniques de la conquête et de la colonisation espagnole en sauvant la figure féminine de la marginalité et du silence officiel. L'auteure s'inspire de personnages historiques féminins et les réécrit, en offrant des modèles en quête d'identité historique et culturelle. Le roman est structuré à travers une grande métaphore : la perte et la récupération de la vue d'une écrivaine qui conçoit ses personnages en accord avec sa propre perspective de l'histoire.

Résumé du colloque

Lors de ce colloque, nous tenterons de reconstruire tant les voix, que les voies qui au 20e siècle ainsi qu’au 21e siècle incitent à une multiple écriture de l’histoire latino-américaine.?? En publiant Le général dans son labyrinthe?? (1989), l’écrivain d’origine colombienne Gabriel García Márquez s’est heurté à la grogne des historiens qui voyaient dans cette version possible des derniers pas de la vie de Simon Bolívar un discours subversif, une atteinte à la vérité historique. La question à se poser face à cette réaction d’hommes de science devant un récit de fiction n’est pas si le texte de García Márquez équivaut à un mensonge ou pas, sinon à savoir ce que signifie l’écriture de l’histoire en Amérique latine. Depuis la conquête —qui a confronté la version des vainqueurs, les européens, au silence des vaincus—, en passant par les guerres d’indépendance —qui ont consacré au rang de mythe certaines figures, visant à unifier l’identité nationale, l’imaginaire collectif — jusqu’à l’avènement de dictatures des plus sanguinaires au 20e siècle, l’écriture de l’histoire dans cette partie du continent américain a suivi la voie (et même la voix) du pouvoir. Comment contrer cette hégémonie du discours historique? Comment tenter récupérer de l’oubli les moments volontairement ou involontairement délaissés par l’historiographie? Plusieurs chemins ont été entrepris plus particulièrement vers la fin du 20e siècle et au 21e siècle afin de contrebalancer cette imposition unidirectionnelle de la mémoire : la création de romans historiques sous l’égide de l’anachronisme, du pastiche et de l’ironie; la recrudescence des narrations testimoniales ainsi que la tentative de retracer la voix des marginalisés de l’histoire latino-américaine (autochtones, femmes, personnages historiques mineurs,…) et de conter le passé à partir de leurs perspectives.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
manager icon Responsables :
Emilia Deffis
section icon Date : 10 mai 2013

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