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Mathieu M.blanchet : UQAM - Université du Québec à Montréal
Dans les dernières décennies, des auteurs se sont penchés sur l'histoire de victimisation pour faire état de différences entre les populations. La présente recherche a tenté de mieux comprendre comment se répartissent les prévalences des formes de victimisation (sexuelle, physique, psychologique, de négligence et être témoin de violence) chez les adolescents auteurs d'abus sexuel, ainsi que chez leur mère et leur père. Nous avons donc fait passer à 159 adolescents auteurs d'abus sexuel, ainsi qu'à 228 parents (141 mères et 87 pères d'adolescents auteurs d'abus sexuel) deux entrevues basées sur le Questionnaire History of Victimization Form de Wolfe et Gentile (1992) qui catégorise divers aspects des 5 types de victimisation. Un deuxième objectif à cette recherche est de vérifier si des profils spécifiques de victimisation des adolescents auteurs d'abus sexuel, de leur mère et de leur père se distinguent selon une typologie basée sur deux caractéristiques concernant les adolescents auteurs d'abus sexuel et leurs victimes (âge et lien intra ou extrafamilial). Les résultats montrent que les adolescents auteurs d'abus sexuel d'enfants extrafamiliaux se distinguent des deux autres sous-groupes, tandis que ces deux derniers sont similaires. Quant aux mères, on remarque qu'elles sont davantage victimisées comparativement aux pères et aux adolescents eux-mêmes. Finalement, on remarque des similitudes dans l'histoire de victimisation des pères et de leur adolescent.
Très prisés par les médias, les violences et crimes sexuels sont largement exploités et semblent développer un phénomène de mode et de fascination. Plus le crime est atroce, plus on le surexploite, que ce soit sur le plan concret dans les médias ou fantasmatique dans les feuilletons télévisés. Ainsi, depuis quelques années, la criminalité sexuelle revient sur le devant de la scène et interpelle tant la population que les différents acteurs d’intervention.
Mais de quoi parle-t-on?
Les violences et crimes sexuels concernent toutes les classes d’âge, tant pour les victimes que pour les agresseurs. Regroupés sous le terme d’agression sexuelle, ils présentent de nombreuses expressions telles que le viol, les abus sexuels et « autres infractions d’ordre sexuel ». Cette dernière expression comprend des infractions comme le voyeurisme et la bestialité, mais vise surtout les cas d’infractions de violence sexuelle envers les enfants : contacts ou incitation à des contacts sexuels,exploitation sexuelle, inceste, relations sexuelles anales, corruption d’enfants et leurre d’un enfant au moyen d’un ordinateur.
Les violences et crimes sexuels présentent une multitude de déviances du comportement sexuel : paraphilies, troubles de la personnalité, maladies psychiatriques avérées. La pédophilie, l’exhibitionnisme, le viol et le voyeurisme sont les déviances les plus fréquentes et souvent associées à un taux de récidive important (pédophilie). Plusieurs facteurs peuvent également être incriminés, comme les facteurs biologiques, psychologiques ou sociaux.
Cette criminalité interpelle plusieurs champs disciplinaires et met en action une multitude d’acteurs qui œuvrent à différents niveaux, tant pour les victimes que pour les criminels avérés ou potentiels. Les violences et crimes sexuels concernent toute la population en termes de victime potentielle. Il appert donc primordial de développer des approches, des actions et des réflexions pluridisciplinaires afin de pallier au mieux cette problématique.
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