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Marie-Ève Tremblay-Cléroux : UQAM - Université du Québec à Montréal
L'intérêt envers Buffy the Vampire Slayer dépasse la fascination pour la représentation d'une jeune fille superhéroïne (Buffy Summers) dans sa réappropriation d'une puissance et de savoirs traditionnellement masculins. La violence des combats entre Buffy et ses opposants illustre bien la dureté, les obstacles, la douleur de la vie contemporaine, sans tomber dans une monstration spectaculaire. Puisque la série dévoile différents aspects propres à la féminité contemporaine, tels que l'infantilisation, la discrimination, les violences physiques et sexuelles, la marchandisation du corps ou la réification, et qu'elle expose le processus d'émancipation de l'héroïne face aux autorités patriarcales auxquelles elle est confrontée, Buffy the Vampire Slayer a bouleversé plusieurs codes de la télésérie américaine.
Quelle vision des femmes et de l'émancipation féminine est déployée dans la série? Quels obstacles freinent le personnage principal dans sa libération et quelles stratégies employait-elle pour y parvenir? Quel usage l'héroïne fait-elle de la violence et quelle forme d'éthique est mise de l'avant? La perspective féministe matérialiste, qui permet de lire l'univers de Buffy comme le reflet violent d'une société inégalitaire, sexiste et patriarcale, offre une réflexion intéressante à ces questions. Pour ce faire, une étude du personnage de Buffy dans sa lutte pour la réappropriation de son corps et le contrôle de ses pouvoirs sera réalisée.
Ce colloque vise une réflexion interdisciplinaire sur les rapports complexes qui s’établissent entre violence et société. Bien qu’elle puisse parfois procéder d’un acte physique individuel, la violence, de par sa nature même, s’avère un phénomène éminemment social. Qu’elle se manifeste de façon concrète, par des sévices exercés sur soi-même ou infligés à autrui, ou de façon plus abstraite, par des formes de surveillance et de punition sanctionnées par l’État, la violence se cristallise souvent autour de rapports sociaux marqués par la tension. Or, l’analyse de ces mêmes rapports révèle, d’une part, les différentes manifestations de la violence, et d’autre part, comment la violence se conceptualise et parvient à s’ériger en système. Une telle analyse soulève inévitablement des questions auxquelles ce colloque se donne comme objectif de répondre : pourquoi la violence s’établit-elle dans certaines situations comme la norme? Quelles sont les conditions sociales qui favorisent l’exercice de la violence? Comment les groupes sociaux justifient-ils dans certains cas l’usage de la violence? Qu’est-ce qui distingue la violence du Mal? Quelles sont les répercussions de notre constante confrontation à la violence sur la sphère socioculturelle? Assiste-t-on à sa banalisation? Les multiples représentations de la violence sur nos écrans, en littérature, dans les arts visuels sont-elles le reflet fidèle de la réalité ou plutôt une volonté d’exorciser un mal ontologique, de « dire une faille » comme l’avançait Paul Ricœur?
À partir d’une perspective interdisciplinaire – historique, sociologique, philosophique, artistique, littéraire, cinématographique, théologique, etc. –, ce colloque abordera, entre autres, les thèmes suivants :
– violence entre les groupes et construction de l’identité
– violence et concepts du Mal
– violence en tant que stratégie de résistance
– violence étatique et construction de la nation
– crime et châtiment
– représentations socioculturelles de la violence.
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