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Dépendance ontologique et intentionnalité : relecture méréologique de quelques débats d'interprétation de Brentano

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Bruno Leclercq : Université de Liège

Résumé de la communication

Pour penser l'unité de la conscience dans la diversité de ses actes et de ses objets,Brentano a développé une méréologie particulière qui repose sur des relations de dépendance ontologique et qui lui permet de penser des rapports (symétriques) d'interdépendance ou de corrélation, des rapports (asymétriques) de fondation, mais aussi le rapport d'un tout intégral à ses parties divisives.Après avoir précisé (dans la lignée des travaux de l'école de Manchester)ce que requiert sur le plan formel une telle méréologie, nous essaierons d'éclairer, par ce moyen, certains débats contemporains relatifs à l'interprétation des thèses brentaniennes en psychologie descriptive. En particulier, il s'agira d'aborder le débat qui oppose la lecture continuiste à la lecture discontinuiste en ce qui concerne le tournant réiste (Brentano a-t-il jamais considéré l'intentionnalité comme une relation à des objets irréels ?)mais aussi le débat qui oppose les lectures autoreprésentationnelles aux théories de l'ordre supérieur en ce qui concerne la conscience (l'acte de perception interne est-il dissociable de l'acte intentionnel à l'égard de l'objet primaire ?).Nous tâcherons de montrer que les deux débats ne sont sans doute pas indépendants, dans la mesure où la lecture autoreprésentationnelle semble s'opposer à l'idée, défendue par Antonelli, que l'objet secondaire aurait seulement une valeur descriptive mais ne jouerait aucun rôle fonctionnel dans le rapport intentionnel à l'objet primaire.

Résumé du colloque

L’amorce de toute philosophie semble être l’expression d’un état de crise. De la crise de la démocratie athénienne sans cesse ressassée par Platon à celle des sciences européennes théorisée par Husserl, de la crise qui ébranle l’autorité des Anciens au moment où la modernité prend un certain essor à la crise de cette modernité même qui s’exprime chez ceux qui proclament l’imminence de son dépassement, chaque fois il semble que l’urgence de philosopher soit l’effet d’une crise qu’on s’efforce de penser et à laquelle il faut réagir.

Tantôt c’est la philosophie elle-même qui se sent en crise et qui cherche à définir les conditions de légitimité de sa pratique – par exemple sous la forme de la critique kantienne; tantôt la philosophie met le monde qui l’entoure en crise parce qu’elle trouve qu’il ne s’interroge pas assez sur son ordre établi – comme dans l’annonce nietzschéenne de la mort de Dieu; tantôt enfin la philosophie s’offre comme réponse à une crise qui sème l’insécurité − on peut alors penser à la philosophie hobbesienne face à la guerre civile qui sévit en Angleterre. La crise, qu’elle soit à l’échelle individuelle, sociale ou qu’elle affecte l’être en son entier, commande l’urgence de philosopher.

Les questions qui sont ouvertes par ce thème sont nombreuses et cherchent à rendre possible la constitution d’échanges féconds entre philosophes issus de toutes les spécialisations et de toutes les écoles. De quelle crise le besoin exprimé par la société civile pour l’éthique est-il le symptôme? De quels types de crise la philosophie peut-elle être victime? Quels réconforts ou solutions peut-elle offrir lorsque le monde est en crise? Comment peut-elle accompagner les autres disciplines dans les soubresauts de légitimité qu’elles subissent? Les crises n’ont-elles que des aspects négatifs? Comment penser leur utilité? On le voit, ce thème peut être déployé de manière à interpeller tous les champs de la philosophie telle qu’elle se pratique aujourd’hui.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
section icon Date : 12 mai 2014

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