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Des mots du corps humain aux maux du corps urbain : les métaphores corporelles comme enjeux de la caractérisation ou de la négation patrimoniale

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Céline Verguet : Université Nice Sophia Antipolis

Résumé de la communication

Cette étude porte sur l’utilisation récurrente et partagée de métaphores corporelles dans les discours de citadins anonymes confrontés à l’aménagement du quartier de la Libération à Nice, comme transpositions dans la ville d’éprouvés physiques subjectifs. La grande capacité d’évocation de ces énoncés connote des éléments comme la Gare du Sud, leur conférant une authentique valeur ajoutée. Une échelle du corps référentielle et appréciative apparait, renvoyant à la ville comme être social. Ces mises en échos corporelles et émotionnelles sous-entendent l’investissement affectif qui régi la relation topophile/topophobe aux objets incarnés. Les figurations du corps relevées sur le terrain, notamment celles de ses souffrances (défiguré, ventre ouvert), semblent s’imposer comme des renvois contribuant à indiquer à celui qui les entend une position vis-à-vis de l’aménagement et parfois un sentiment patrimonial. L’hypothèse est faite que ces figurations annoncent une posture empathique au regard des éléments incarnés, révélant l’impossible adhésion à leur disparition et leur naturalisation patrimoniale. Inversement, projeter sur eux la mort ou la maladie (squelette, cancer, lèpre) reviendrait à nier tout caractère patrimonial et à affirmer celui assainissant des travaux. Entre matière urbaine mutilée et déchets architecturaux carnés, la figuration anthropomorphique du corps urbain serait un indicateur des processus de caractérisation ou de négation patrimoniale de lieux de ville.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
section icon Date : 12 mai 2014

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