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Martine Migaud : Ordre des acupuncteurs du Québec
Durant mes 35 années de pratique de médecine générale, puis d'acupuncture, j'ai pu voir à quel point les patients abandonnaient aux mains des spécialistes le pouvoir sur leur santé. Durant toutes ces années, la pratique et l'enseignement du Qi Gong m'ont permis de découvrir que nous sommes l'acteur principal de notre guérison sans pour autant être responsables de notre maladie ou de notre non-guérison. Cette possibilité d'être acteur de notre vie passe par le corps. Il s'agit d'arrêter de penser, pour ressentir. L'écoute sensorielle nous permet de vraiment rencontrer l'environnement, au-delà de l'idée que nous en avons, et des émotions qu'il déclenche en nous. Mais, cette écoute sensorielle, par l'espace intérieur qu'elle crée, nous met aussi en relation avec notre monde intérieur. Des images apparaissent, témoignant de la remise en mouvement du psychisme, accompagnés bientôt de mots pour en rendre compte : ces mots nous surprennent, car nous les découvrons en même temps qu'ils prennent forme en nous. La mobilité des représentations que nous pouvons nous faire de nous-mêmes et du monde nous permet de créer du sens à chaque instant, et de trouver comment être en harmonie avec l'environnement. Nous retrouvons, comme le nommait si joliment Françoise Dolto, la capacité d'être « allant-devenant » !
Il n’y a pas d’existence humaine sans corps. Nous naissons, vivons et mourons avec notre corps, et c’est à travers celui-ci que nous faisons la rencontre d’autrui et du monde. Pourtant, dans le domaine de la médecine comme dans le domaine de la formation et des autres formes d’accompagnement à médiation corporelle, un écran tend à s’installer entre la personne et le professionnel. Le toucher, la palpation du corps, la relation directe face à face tendent à s’estomper au profit d’un recours de plus en plus systématique et massif aux différentes technologies. Le corps n’apparaît plus dans son dépouillement, son énigme et son intimité.
C’est le sens du soin et de la relation à l’autre qui se trouve affecté et détourné. C’est pourquoi le corps et le toucher deviennent la source de tout questionnement éthique et de toute recherche de sens. Il s’agit de se rappeler que le corps doit être pris comme point de départ de la relation. La relation au corps dans les processus d’accompagnement n’est peut-être pas une fin en soi.
Nous nous questionnerons à savoir si la relation au corps et au toucher mobilise quelque chose au niveau psychique? Pouvons-nous y attribuer des vertus curatives ou préventives? La relation au corps contribue-t-elle au bien-être? Permet-elle la rencontre de soi? Le corps donne-t-il un accès à la subjectivité ou est-ce la subjectivité qui donne accès au corps? À travers l’interdisciplinarité, nous offrons d’explorer le corps comme objet d’art, objet de création de psychomotricité, objet de soin et comme sujet de vie. De là, l’importance d’explorer également la place du toucher dans le développement de la personne humaine.
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