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Dominique Morin : Université Laval
Des années 1980 aux années 2000, les banlieues pavillonnaires construites dans les années 1950 et 1960 ont vu leurs pionniers dépasser l'âge de 65 ans, et la densification résidentielle de ces secteurs, devenus des centres secondaires de la région métropolitaine, ne fut pas sans y accroître une population de retraités en appartement. Dans le péri-urbain, des anciens noyaux villageois convertis en banlieue depuis les années 1950, des lieux de villégiature et des lotissements d'immeubles d'appartements, souvent destinés aux retraités, peuvent aussi se distinguer par une présence plus élevée de personnes âgées. Qu'en est-il des espaces résidentiels neufs édifiés dans les pores de l'agglomération ou en périphérie, près des centres commerciaux et d'activités ou à la frontière de la nature et de la ruralité conquise par les navetteurs? Comment évolue la population des quartiers du centre historique, dont certains secteurs sont devenus branchés et attrayants pour la jeunesse ou abordable pour la rénovation, alors que la majorité des aînés sont de génération qui ont préféré s'établir en banlieue ? En s'appuyant sur les données du recensement canadien et de l'enquête nationale auprès des ménages réalisées en 2011, cette communication propose un portrait de la dispersion des aînés dans l'espace de la RMR de Québec selon leur âge. L'analyse est menée à l'échelle des secteurs de recensement (SR) selon les périodes de construction et les types de logement.
La politique québécoise Vieillir et vivre ensemble, chez soi, dans sa communauté, au Québec (2012) cherche à traduire le vieillissement de la population dans un projet positif de société fortement axé sur les dynamiques locales. Ses trois grandes orientations proposent en effet de Participer, de Vivre en santé et de Créer des environnements sains, sécuritaires et accueillants dans « sa communauté ». Comment les savoirs peuvent-ils informer ces intentions?
Le colloque s’organise autour de trois ordres de questions. 1) Où en est la recherche sur les dynamiques socioterritoriales du vieillissement : que connaît-on des milieux de vie actuels et à venir des aînés, de leur morphologie, de leur accessibilité et de leur praticabilité? Que connaît-on des caractéristiques des aînés qui habitent et habiteront les différents milieux de vie? 2) Qu’ont à dire la recherche et l’innovation en cours sur la signification de ces dynamiques pour l’aménagement régional et urbain et l’organisation des services à la communauté? Comment se traduit concrètement l’appel à des milieux de vie sains, sécuritaires et accueillants dans les régions, les villes et les quartiers d’aujourd’hui et de demain? Quels sont les opportunités et les obstacles présentés par le vieillissement à une ville qui se voudrait plus durable? Comment évalue-t-on les réponses qu’on y apporte selon les points de vue de plus en plus pluriels des ménages plus ou moins âgés? 3) Quelles sont les innovations porteuses pour l’aménagement des milieux de vie à l’échelle architecturale, celle de l’interaction entre les personnes et leur milieu physique immédiat? Quelles sont les contraintes à l’adoption de ces innovations? À travers ces questions, le colloque vise à faire avancer la réflexion sur nos approches à la recherche et à l’innovation, en particulier sur la nécessaire convergence des savoirs en vue de l’innovation en aménagement.