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Natalia TEPLOVA : Université Concordia
Il existe aujourd'hui 17 traductions de langue française d'Eugène Onéguine de Pouchkine. Elles s'échelonnent sur une période de plus d'un siècle, la première traduction datant de 1863 et la dernière paraissant en 2012. Toutes ces traductions contribuent, chacune à sa manière, à la translation du nom de Pouchkine et de son œuvre sur le territoire francophone, mais c'est également le nombre de retraductions et la fréquence à laquelle elles paraissent qui expliquent la « survie » de ce texte en français. En effet, même si l'œuvre de Pouchkine a été éclipsée par celles de Dostoievski ou de Tolstoi en France, on reconnaît néanmoins l'importance du poète pour la culture russe et on ne cesse de le retraduire. Or, les 17 traductions françaises existantes d'Eugène Onéguine présentent des caractéristiques variées et possèdent des statuts différents, tant en fonction de la notoriété des traducteurs que de la portée réelle des traductions. Dans le cadre de cette communication, nous nous proposons d'analyser (à partir des huit paramètres suivants : le qui, le quoi, le par-qui, le pour-qui, le quand, le où, le pourquoi et le comment) les 17 traductions en question afin de tâcher d'en dégager une taxinomie et de nous interroger sur l'utilité d'une telle taxinomie pour l'étude d'autres corpus de retraductions.
La journée d’étude que nous proposons dans le cadre du 82e congrès de l’Acfas vise l’approfondissement de la question de la retraduction. Par « retraduction » nous entendons toute nouvelle traduction d’un texte déjà traduit dans une même langue. Si la retraduction comme praxis existe depuis des milliers d’années, l’étude méthodique des retraductions apparaît avec la formation de la traductologie en tant que discipline dans les années 80 du 20e siècle. Cette étude des retraductions fait partie de ce qu’Antoine Berman appelait l’« archéologie de la traduction […], archéologie qui appartient à cette réflexion de la traduction sur elle-même » (Berman, Antoine. L’épreuve de l’étranger, Paris, Gallimard, 1984, p. 280). Notons qu’il existe deux modèles méthodologiques de base pour aborder les retraductions : la méthode régressive (ad fontes) qui permet de partir du moment présent et de reculer dans le temps, et la méthode progressive (ab initio) qui offre la possibilité d’avancer chronologiquement dans le temps et d’analyser le développement des retraductions de la première à la plus récente. La deuxième méthode peut mettre en lumière l’innovation non seulement sur le plan de la praxis, mais également sur le plan méthodologique même des analyses des retraductions, innovation offerte, entre autres, par les nouvelles technologies et les nouveaux contextes de production et de diffusion des textes.
Ainsi, notre journée d’étude s’intitule « Étude des retraductions comme archéologie et innovation en traductologie ». Nous invitons les participants à réfléchir – à partir d’études de cas – sur les questions en lien avec la retraduction. Que retraduit-on? Qui retraduit-on? Par qui retraduit-on? Pour qui retraduit-on? Quand retraduit-on? À quelle fréquence retraduit-on? Où retraduit-on? Pourquoi retraduit-on? Quels en sont les raisons et les buts? Comment retraduit-on? Peut-on dégager, à partir d’un corpus de retraductions d’une même œuvre, une taxinomie des retraductions?
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