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Simon Durocher : UQAC-Université du Québec à Chicoutimi
La lutte aux changements climatiques commande de prévoir des mécanismes de réduction, d'atténuation et d'adaptation. La séquestration biologique du CO2 atmosphérique figure au nombre des stratégies d'atténuation permettant de réduire la concentration de gaz à effet de serre (GES) dans l'atmosphère.
Les sols dégradés, comme les terrils miniers, présentent un potentiel particulièrement intéressant pour la séquestration du CO2 atmosphérique en raison de leur faible contenu en carbone organique. L'amendement de ces sols à l'aide de matières résiduelles fertilisantes (MRF) peut contribuer à augmenter la séquestration du carbone atmosphérique. Entre autres, les biosolides de papetière (BP) montrent un potentiel intéressant lorsqu'utilisés comme amendement organique pour la remise en état de sites dégradés. Toutefois, le bilan net entre les émissions de GES évitées et celles occasionnées par le recyclage des BP demeure mal connu.
Le bilan de carbone de l'utilisation des BP comme amendement organique a été quantifié dans le cadre d'un projet de végétalisation d'un parc à résidus miniers non acides. Les émissions atmosphériques de CO2, de méthane (CH4) et de protoxyde d'azote (N2O) attribuables à l'épandage de BP ont été mesurées à l'aide de chambres fermées statiques sur deux années consécutives. Au cours de la première année, les résultats préliminaires indiquent un effet significatif de l'épandage de 50 t ha-1 et de 100 t ha-1 de BP sur les émissions cumulées de N2O et de CO2.
L’idée est belle, mais la réalité est têtue. Depuis plus de 40 ans, on cherche dans tous les secteurs de l’activité humaine à réduire les impacts environnementaux et sociaux du développement économique, sans toutefois réduire ses avantages et l’accès des plus démunis à ces derniers. Au fil du temps, le développement durable (DD) a su s’imposer comme concept fédérateur et populaire. Des outils comme l’évaluation environnementale, l’analyse de cycle de vie, l’écoconception, l’efficacité énergétique, les bilans carbone ont été développés et se sont répandus dans l’intention explicite de favoriser de meilleures pratiques de production et de consommation pour le DD.
Cela est-il suffisant? Le DD est-il mis en œuvre efficacement? Comment en mesurer la performance sur des objectifs complexes et dans un environnement social changeant? Peut-on opérationnaliser le DD alors que la recherche est généralement financée en silos?
Une approche judicieuse pour mettre en œuvre le DD dans les principaux secteurs économiques du Québec est de susciter la concertation et la collaboration d’acteurs issus de milieux différents. Cependant, cette approche holistique est empreinte d’obstacles et de défis liés au manque de financement pour les projets de recherche interdisciplinaire et au manque de temps pour coopérer avec d’autres acteurs.
Pour pallier ces difficultés, plus de 70 chercheurs sensibles à la question et issus de différents collèges et universités du Québec se sont rassemblés depuis mai 2013 pour créer le Centre interdisciplinaire de recherche sur l’opérationnalisation du développement durable (CIRODD), un regroupement stratégique financé par les Fonds de recherche québécois Nature et technologies (FRQNT) et Société et culture (FRQSC). Son mandat est colossal : agir à titre de plateforme de recherche interdisciplinaire favorisant l’échange entre chercheurs et utilisateurs (commerces, industries, gouvernement) du DD.
Ce premier colloque CIRODD présenté dans le cadre du 82e congrès de l’ACFAS est divisé en trois sessions. La session principale intitulée « Comment opérationnaliser le développement durable? » vise à dresser un état des lieux des outils DD. Des exemples pratiques de leur application et des pistes de recherche à prioriser pour améliorer leur efficacité et leur complémentarité seront ensuite présentés. Une deuxième session intitulée « Les symbioses industrielles comme outil d’amélioration durable de la performance économique et environnementale » vise à discuter des défis et enjeux de l’implantation des démarches de symbioses industrielles au Québec et dans le monde. Une troisième session intitulée « Des innovations pour le développement durable : réflexions et retour d’expériences » vise à lancer un cycle de réflexion sur l’identification de mécanismes, actions et politiques susceptibles de guider le processus d’innovation pour en assurer la pérennité.
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