pen icon Colloque
quote

La conception relationnelle de l'esprit chez Brentano : une exigence épistémologique

SM

Membre a labase

Siegfried Mathelet : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

La théorie des relations chez Brentano est au cœur de débats actuels qui opposent la lecture psychologique de l'objet intentionnel à une lecture ontologique. Nous reviendrons sur l'article sur Comte dans lequel Brentano rejette la conception substantielle de l'âme pour une conception relationnelle. Les raisons qui guident ce geste, pensons-nous, tiennent déjà au statut épistémologique de la théorie des relations. Pour Brentano, la critique comtienne de la métaphysique sauvegarde la philosophie première d'Aristote, vouée aux fondements de la connaissance. Or, nous montrerons que la théorie des relations chez Brentano appartient à cette philosophie première. Aristote l'a gardé pour la fin, si bien, pense Brentano, qu'elle doit permettre de réviser ses vues sur la psychologie. La réflexion scolastique elle-même doit aussi amener à réviser le point de vue du maître quand il n'est pas cohérent. Et là où la raison s'oppose aux dogmes, il faut, croit-il, abandonner le dogme. En même temps, verrons-nous, la théorie des relations lui permet de définir l'intentionnalité comme double relation (à- et dans-), et comme relation à la fois directe et oblique, ce qui jette les bases de sa nouvelle psychologie. Nous pensons donc qu'il faut qualifier de métaphysiques, au sens contemporain d'épistémologiques, les raisons pour lesquelles Brentano introduit la conception relationnelle de l'esprit.

Résumé du colloque

L’amorce de toute philosophie semble être l’expression d’un état de crise. De la crise de la démocratie athénienne sans cesse ressassée par Platon à celle des sciences européennes théorisée par Husserl, de la crise qui ébranle l’autorité des Anciens au moment où la modernité prend un certain essor à la crise de cette modernité même qui s’exprime chez ceux qui proclament l’imminence de son dépassement, chaque fois il semble que l’urgence de philosopher soit l’effet d’une crise qu’on s’efforce de penser et à laquelle il faut réagir.

Tantôt c’est la philosophie elle-même qui se sent en crise et qui cherche à définir les conditions de légitimité de sa pratique – par exemple sous la forme de la critique kantienne; tantôt la philosophie met le monde qui l’entoure en crise parce qu’elle trouve qu’il ne s’interroge pas assez sur son ordre établi – comme dans l’annonce nietzschéenne de la mort de Dieu; tantôt enfin la philosophie s’offre comme réponse à une crise qui sème l’insécurité − on peut alors penser à la philosophie hobbesienne face à la guerre civile qui sévit en Angleterre. La crise, qu’elle soit à l’échelle individuelle, sociale ou qu’elle affecte l’être en son entier, commande l’urgence de philosopher.

Les questions qui sont ouvertes par ce thème sont nombreuses et cherchent à rendre possible la constitution d’échanges féconds entre philosophes issus de toutes les spécialisations et de toutes les écoles. De quelle crise le besoin exprimé par la société civile pour l’éthique est-il le symptôme? De quels types de crise la philosophie peut-elle être victime? Quels réconforts ou solutions peut-elle offrir lorsque le monde est en crise? Comment peut-elle accompagner les autres disciplines dans les soubresauts de légitimité qu’elles subissent? Les crises n’ont-elles que des aspects négatifs? Comment penser leur utilité? On le voit, ce thème peut être déployé de manière à interpeller tous les champs de la philosophie telle qu’elle se pratique aujourd’hui.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
section icon Date : 12 mai 2014

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :