Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Marie SALAUN : Nantes Université
Dans le cadre d'un processus d'émancipation politique de la République française, la Nouvelle-Calédonie est engagée depuis trois décennies dans une réforme en vue d'une « adaptation » de ses curricula aux réalités autochtones. Portée par un mot d'ordre politique (décolonisation) et un mot d'ordre de justice sociale (réduction des inégalités scolaires entre autochtones kanak et non-autochtones), la réforme visant à éloigner les contenus d'enseignement de leur référent français peine à voir le jour. Comment les savoirs autochtones peuvent-ils être coulés dans le moule des savoirs scolaires ? Comment les programmes effectivement mis en place arrivent-ils à résoudre la contradiction latente entre la « culture autochtone » et la « culture scolaire » ? Poser la question de la tension entre savoirs autochtones et savoirs scolaires revient à se demander ce que l'on fait à la culture autochtone quand on l'enseigne : il s'agit de prendre au sérieux les effets de tout changement dans le système de transmission des savoirs sur leur contenu, compte-tenu du fait que la transmission des savoirs autochtones s'est faite jusqu'à présent hors de l'école. Quelles peuvent être les conséquences sur la nature de ces savoirs du fait qu'ils soient transmis désormais par l'école ? Quel type de réflexivité les élèves autochtones vont-ils développer à l'égard de leur culture d'origine ? Quel type de collaboration entre pédagogues, anthropologues et représentants de la communauté peut-on ici mobiliser ?
Ce colloque vise à définir les défis mais aussi les projets possibles pour l’intégration et la reconnaissance des savoirs autochtones au sein des institutions dans différents secteurs de la société : éducation (cursus scolaires et universitaires, accès aux études supérieures), patrimoines (arts, langues, projets muséologiques), développement économique, utilisation du territoire (exploitation des ressources, foresterie, tourisme), environnement, recherche.
Avec un regard international, interdisciplinaire et interculturel, les conférenciers s’intéresseront aux théories autochtones de la connaissance, aux processus de transmission des savoirs, aux cosmologies locales, aux conceptions de l’enfance et de la personne ainsi qu’aux stratégies de diffusion des savoirs en dehors des réseaux de circulation locale. Quelle est la place des savoirs autochtones dans les études supérieures, la musique, les spectacles, les arts, le tourisme, les musées et les collections multimédias ? En quoi la recherche participative peut-elle favoriser une plus grande prise en compte de ces savoirs dans les institutions et participer au développement de nouvelles pratiques et politiques institutionnelles (écoles, universités, musées, etc.)? Organisé avec l’appui du Centre d’études et de recherches sur le Brésil (CERB) (www.unites.uqam.ca/bresil), le Centre interuniversitaire d’études et de recherches autochtones (CIÉRA) (www.ciera.ulaval.ca) et le Núcleo de Estudos Sobre Povos Indígenas (NEPI) (http://nepi.ufsc.br), ce colloque vise surtout à comparer les contextes autochtones au Brésil et au Québec, mais valorisera également une réflexion sur des expériences dans d’autres pays.