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Kristopher POULIN-THIBAULT : University of Toronto
La question n'est pas nouvelle : sommes-nous portés à émuler les comportements négatifs présents dans la culture que nous consommons, ou alors cette dernière nous permet-elle de « purifier » des comportements latents en nous? Les arts provoquent-ils chez leurs consommateurs une catharsis ou une mimesis? Bien que posée fréquemment, la problématique est d'autant plus primordiale et capture d'autant plus le zeitgeist de l'ère actuelle lorsqu'il s'agit du hip-hop. Souvent qualifiée de violente, misogyne, homophobe et comme faisant la promotion des crimes de tous genres, la culture hip-hop ne manque pas de susciter la controverse. Toutefois, le hip-hop est le seul mode d'expression convenable à une strate de la population marginalisée, aliénée de la société. Depuis une ou deux décennies, le hip-hop s'est également infiltré dans la culture populaire. Cette présentation aura pour but de fournir une analyse approfondie et nuancée du hip-hop, tout en ciblant et décortiquant ses effets négatifs et positifs dans la société. Nous nous y prendrons d'abord d'une approche artistique et littéraire en étudiant quelques œuvres hip-hop majeures. Puis, nous adopterons une approche sociologique et psychologique pour analyser de quelles façons, positives comme négatives, le hip-hop se manifeste dans la vie de ceux qui le consomment. Bref, notre but sera de témoigner comment la culture hip-hop catalyse la violence dans la société, et comment elle l'atténue.
Ce colloque vise une réflexion interdisciplinaire sur les rapports complexes qui s’établissent entre violence et société. Bien qu’elle puisse parfois procéder d’un acte physique individuel, la violence, de par sa nature même, s’avère un phénomène éminemment social. Qu’elle se manifeste de façon concrète, par des sévices exercés sur soi-même ou infligés à autrui, ou de façon plus abstraite, par des formes de surveillance et de punition sanctionnées par l’État, la violence se cristallise souvent autour de rapports sociaux marqués par la tension. Or, l’analyse de ces mêmes rapports révèle, d’une part, les différentes manifestations de la violence, et d’autre part, comment la violence se conceptualise et parvient à s’ériger en système. Une telle analyse soulève inévitablement des questions auxquelles ce colloque se donne comme objectif de répondre : pourquoi la violence s’établit-elle dans certaines situations comme la norme? Quelles sont les conditions sociales qui favorisent l’exercice de la violence? Comment les groupes sociaux justifient-ils dans certains cas l’usage de la violence? Qu’est-ce qui distingue la violence du Mal? Quelles sont les répercussions de notre constante confrontation à la violence sur la sphère socioculturelle? Assiste-t-on à sa banalisation? Les multiples représentations de la violence sur nos écrans, en littérature, dans les arts visuels sont-elles le reflet fidèle de la réalité ou plutôt une volonté d’exorciser un mal ontologique, de « dire une faille » comme l’avançait Paul Ricœur?
À partir d’une perspective interdisciplinaire – historique, sociologique, philosophique, artistique, littéraire, cinématographique, théologique, etc. –, ce colloque abordera, entre autres, les thèmes suivants :
– violence entre les groupes et construction de l’identité
– violence et concepts du Mal
– violence en tant que stratégie de résistance
– violence étatique et construction de la nation
– crime et châtiment
– représentations socioculturelles de la violence.
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