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La mobilisation radicale « angryphone » au Québec : communautarisme, peurs linguistiques et instrumentalisation de l'ethnicité

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Philippe Martine : Université de Montréal

Résumé de la communication

L'attentat du Métropolis perpétré par Richard Bain le 4 septembre 2012 peut-il être associé à une trame explicative qui viendrait expliquer la mobilisation des groupes radicaux anglophones dans le sillage de la victoire électorale du PQ? Je fais ici référence à la multiplication des actions appartenant aux différents registres de la contentious politics depuis l'élection du 4 septembre dernier, comme la création de groupes de pression, l'organisation de manifestations, mais aussi l'amplification des discours haineux sur les médias sociaux, les appels au boycottage et à la désobéissance civile, et les appels à la bombe. Conséquemment, les enjeux identitaires constituent-ils un moteur important, voire un accélérateur, à la mobilisation radicale? Mon hypothèse générale consiste à affirmer que les violences récentes sont le résultat d'une réaction communautariste des éléments les plus radicaux de la communauté anglophone contre ce qu'ils jugent être une menace à leur identité collective, et plus fondamentalement, à leur survivance en tant que groupe constitué et reconnu. De plus, j'avance l'idée que la résurgence de la mobilisation identitaire des angryphones peut s'expliquer par l'instrumentalisation de l'ethnicité par des entrepreneurs identitaires anglophones locaux ou communautaires, ou de low-level elites selon la typologie proposée par Stuart Kaufman.

Résumé du colloque

Ce colloque vise une réflexion interdisciplinaire sur les rapports complexes qui s’établissent entre violence et société. Bien qu’elle puisse parfois procéder d’un acte physique individuel, la violence, de par sa nature même, s’avère un phénomène éminemment social. Qu’elle se manifeste de façon concrète, par des sévices exercés sur soi-même ou infligés à autrui, ou de façon plus abstraite, par des formes de surveillance et de punition sanctionnées par l’État, la violence se cristallise souvent autour de rapports sociaux marqués par la tension. Or, l’analyse de ces mêmes rapports révèle, d’une part, les différentes manifestations de la violence, et d’autre part, comment la violence se conceptualise et parvient à s’ériger en système. Une telle analyse soulève inévitablement des questions auxquelles ce colloque se donne comme objectif de répondre : pourquoi la violence s’établit-elle dans certaines situations comme la norme? Quelles sont les conditions sociales qui favorisent l’exercice de la violence? Comment les groupes sociaux justifient-ils dans certains cas l’usage de la violence? Qu’est-ce qui distingue la violence du Mal? Quelles sont les répercussions de notre constante confrontation à la violence sur la sphère socioculturelle? Assiste-t-on à sa banalisation? Les multiples représentations de la violence sur nos écrans, en littérature, dans les arts visuels sont-elles le reflet fidèle de la réalité ou plutôt une volonté d’exorciser un mal ontologique, de « dire une faille » comme l’avançait Paul Ricœur?

À partir d’une perspective interdisciplinaire – historique, sociologique, philosophique, artistique, littéraire, cinématographique, théologique, etc. –, ce colloque abordera, entre autres, les thèmes suivants :

– violence entre les groupes et construction de l’identité

– violence et concepts du Mal

– violence en tant que stratégie de résistance

– violence étatique et construction de la nation

– crime et châtiment

– représentations socioculturelles de la violence.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
manager icon Responsables :
Cristian Berco
section icon Date : 12 mai 2014

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