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Emanuelle Dufour : Université de Montréal
En réponse à la méconnaissance générale des cultures et de l'histoire des peuples autochtones au Québec et au Canada, Gordon Hill, membre de la nation kwakwaka'wakw, s'est lancé dans une recherche historique afin d'illustrer l'ampleur de la résistance autochtone à travers les Amériques depuis la colonisation. Il est ainsi question de contrer la discrimination telle que définie par Sayard (2006), celle qui finit par se naturaliser et par devenir accoutumance par un regard indifférent sur ces « choses qui vont de soi » : l'Indien étant marginalisé, stigmatisé, vulnérable, victime de l'histoire et réduit à l'impuissance. La praxis de Hill, en tant qu'outil d'éducation populaire, s'articule ainsi autour d'une réappropriation historique qui s'inscrit à merveille à l'intérieur du concept de souveraineté visuelle de Michelle H. Raheja (2007). De ce fait, elle constitue une solution alternative pour contrer les effets pernicieux d'une représentation réductrice et eurocentrique des Premières nations, en plus de légitimer un sentiment de fierté auprès des peuples autochtones grâce à une relecture historique et ainsi, inspirer les générations futures à continuer de défendre leurs droits ancestraux et patrimoines culturels contre les agressions colonisatrices du présent.
Ce colloque vise à définir les défis mais aussi les projets possibles pour l’intégration et la reconnaissance des savoirs autochtones au sein des institutions dans différents secteurs de la société : éducation (cursus scolaires et universitaires, accès aux études supérieures), patrimoines (arts, langues, projets muséologiques), développement économique, utilisation du territoire (exploitation des ressources, foresterie, tourisme), environnement, recherche.
Avec un regard international, interdisciplinaire et interculturel, les conférenciers s’intéresseront aux théories autochtones de la connaissance, aux processus de transmission des savoirs, aux cosmologies locales, aux conceptions de l’enfance et de la personne ainsi qu’aux stratégies de diffusion des savoirs en dehors des réseaux de circulation locale. Quelle est la place des savoirs autochtones dans les études supérieures, la musique, les spectacles, les arts, le tourisme, les musées et les collections multimédias ? En quoi la recherche participative peut-elle favoriser une plus grande prise en compte de ces savoirs dans les institutions et participer au développement de nouvelles pratiques et politiques institutionnelles (écoles, universités, musées, etc.)? Organisé avec l’appui du Centre d’études et de recherches sur le Brésil (CERB) (www.unites.uqam.ca/bresil), le Centre interuniversitaire d’études et de recherches autochtones (CIÉRA) (www.ciera.ulaval.ca) et le Núcleo de Estudos Sobre Povos Indígenas (NEPI) (http://nepi.ufsc.br), ce colloque vise surtout à comparer les contextes autochtones au Brésil et au Québec, mais valorisera également une réflexion sur des expériences dans d’autres pays.