Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Claude Gélinas : Université de Sherbrooke
L'étude du pluralisme religieux actuel au Québec fait ressortir l'importance croissante du lien entre la santé et l'expression des spiritualités individuelles. La fréquentation de centres de santé proposant une perspective spirituelle ou la création de nouveaux groupes religieux axés sur une doctrine souvent multiconfessionnelle, mais ayant la santé comme premier objet de préoccupation s'avèrent les principales avenues par lesquelles un nombre croissant de Québécois cherchent ou parviennent à concilier ces deux réalités. Par contre, les raisons qui expliquent ce jumelage ainsi que la forme que prennent les activités spirituelles en lien avec le souci d'atteindre ou de maintenir une santé satisfaisante demeurent peu connues. À partir de données de terrain ethnographiques recueillies au cours des cinq dernières années dans la région de l'Estrie, nous proposons ici quelques éléments de compréhension en lien avec ce phénomène. Après avoir brossé un portrait quantitatif des ressources spirituelles axées sur une préoccupation de santé en Estrie, nous insisterons plus en détail sur les résultats de recherche qui permettent de mettre en lumière les principales motivations qui animent les adeptes de ces centres de santé et groupes religieux et sur les différents schémas de pensée par lesquelles ceux-ci parviennent à réaliser un tel amalgame entre les sphères de la spiritualité et de la santé.
La sécularisation rapide du Québec, jumelée à la mobilité croissante des personnes – natives comme migrantes – et des ressources symboliques, expliquent la diversité religieuse de la métropole (Meintel et Mossière, 2013). Cette diversité est souvent erronément perçue comme un phénomène uniquement métropolitain et le fait exclusif des immigrants. S’opposeraient à cette diversité les régions du Québec, bastions d’un catholicisme culturel (Lemieux, 1990) porté par une démographie monoculturelle. Or, par suite des politiques de régionalisation de l’immigration (Poirier-Grenier, 2007; Simard, 1996), les régions se sont non seulement diversifiées culturellement (Quimper 2005, 2006), elles sont également entrées dans un régime de pluralité religieuse (Meunier et Wilkins-Laflamme, 2011).
Si Montréal entretient d’elle-même une image de diversité qui joue sur la production et la performance de celle-ci (Radice, 2013 : 19), qu’en est-il des régions du Québec dont l’image d’homogénéité ne correspond plus à leur diversité émergente (Gélinas et Derocher, 2012; Boucher, Meintel et Gélinas, 2013; Moisa, Meintel et Géinas, 2013)? Loin d’une logique centre-périphérie (Beyer, 1998), nous comptons élaborer un portrait des régions pour elles-mêmes. La diversité religieuse des régions demande à repenser le clivage anticipé par les politiques de régionalisation (Girard et Manègre, 1989) et à réfléchir aux spécificités propres des régions.
Les dynamiques religieuses des régions répondent-elles aux tendances montréalaises? Aurions-nous ici un nouveau portrait de la diversité religieuse proprement québécois? Ou doit-on plutôt envisager la diversité religieuse selon une logique spécifiquement régionale? Les régions partagent-elles un schème de diversité religieuse commun ou entretiennent-elles des dynamiques propres, contingentes de leur position géographique et de leur histoire? Le colloque, parrainé par le Centre d’études ethniques des universités montréalaises (CEETUM), mettra en commun les expertises de chercheurs s’étant intéressés à la diversité religieuse et aux régions pour aborder ces questions.
Titre du colloque :
Thème du colloque :