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La valeur finale peut-elle être relationnelle?

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Antoine C. Dussault : Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie (CIRST)

Résumé de la communication

Dans ma présentation, j'aimerais discuter la question de savoir si une entité ou un état de chose peuvent avoir une valeur finale qui repose sur leurs propriétés non intrinsèques (c'est-à-dire relationnelles) et qui repose sur des propriétés qui ne sont pas indépendantes de tout évaluateur. Pour ce faire, j'aimerais d'abord résumer et critiquer les positions et arguments élaborés par Korsgaard (1983), O'Neill (1992), Kagan (1998), Rabinowicz et Rønnow-Rasmussen (2000) et Zimmerman (2001, chap. 3) sur la relation entre valeur finale et valeur intrinsèque. En réponse à divers arguments formulés dans ce débat, je ferai valoir que bien que la valeur finale ne doive pas nécessairement reposer sur les propriétés intrinsèques des objets qui la possèdent, elle doit toutefois obligatoirement reposer sur leurs propriétés essentielles. Ensuite, j'aimerais aborder la question de la dépendance entre les valeurs et les évaluateurs. Je m'appuierai sur certaines ressources conceptuelles présentées par Rabinowicz et Rønnow-Rasmussen (2000) pour montrer qu'une valeur finale peut être en vigueur dans tous les mondes possibles même si elle dépend des évaluateurs.

Résumé du colloque

L’amorce de toute philosophie semble être l’expression d’un état de crise. De la crise de la démocratie athénienne sans cesse ressassée par Platon à celle des sciences européennes théorisée par Husserl, de la crise qui ébranle l’autorité des Anciens au moment où la modernité prend un certain essor à la crise de cette modernité même qui s’exprime chez ceux qui proclament l’imminence de son dépassement, chaque fois il semble que l’urgence de philosopher soit l’effet d’une crise qu’on s’efforce de penser et à laquelle il faut réagir.

Tantôt c’est la philosophie elle-même qui se sent en crise et qui cherche à définir les conditions de légitimité de sa pratique – par exemple sous la forme de la critique kantienne; tantôt la philosophie met le monde qui l’entoure en crise parce qu’elle trouve qu’il ne s’interroge pas assez sur son ordre établi – comme dans l’annonce nietzschéenne de la mort de Dieu; tantôt enfin la philosophie s’offre comme réponse à une crise qui sème l’insécurité − on peut alors penser à la philosophie hobbesienne face à la guerre civile qui sévit en Angleterre. La crise, qu’elle soit à l’échelle individuelle, sociale ou qu’elle affecte l’être en son entier, commande l’urgence de philosopher.

Les questions qui sont ouvertes par ce thème sont nombreuses et cherchent à rendre possible la constitution d’échanges féconds entre philosophes issus de toutes les spécialisations et de toutes les écoles. De quelle crise le besoin exprimé par la société civile pour l’éthique est-il le symptôme? De quels types de crise la philosophie peut-elle être victime? Quels réconforts ou solutions peut-elle offrir lorsque le monde est en crise? Comment peut-elle accompagner les autres disciplines dans les soubresauts de légitimité qu’elles subissent? Les crises n’ont-elles que des aspects négatifs? Comment penser leur utilité? On le voit, ce thème peut être déployé de manière à interpeller tous les champs de la philosophie telle qu’elle se pratique aujourd’hui.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
section icon Date : 12 mai 2014

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