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Le groupe Bwi : à la recherche de l'Arche perdue

VD

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Virginie Duceppe-lamarre : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

Nous présentons nos résultats de recherche concernant un groupe spirituel situé en région, réservé aux femmes. Ce groupe, que nous nommerons Bwi, se caractérise la confidentialité qui est de mise lorsque des femmes deviennent membres du groupe. Les résultats que nous présentons réfèrent à des informations qui n'étaient pas jugées confidentielles.

Nous discuterons de la « spiritualité à la carte » qui caractérise ce groupe et qui nous apparaît être fait en partie en réponse à un rejet de l'institution catholique. Ceci se traduit en un amalgame religieux où il s'agit de resituer la femme. Ce constat fait état de l'observation d'une grande variabilité des croyances sipirituelles au sein de ce groupe. En extension à ce constat, nous abordons le thème de l'identité de groupe. Nous arrivons à la conclusion que l'identité de groupe nous semble être fragilisée en raison de la variabilité entre les membres dans leur manière de remplir les obligations liées au groupe, ce qui se traduit par l'absence d'une véritable unité dans la multiplicité des pratiques du groupe. Par ailleurs, cet effritement identitaire est contenu par la confidentialité qui permet de maintenir un principe de cohésion au sein du groupe, et ce en vertu de leur différenciation par rapport au reste de la société. À long terme, cette confidentialité ne nous semble cependant pas garante de la pérennité du groupe puisqu'elle contribue à la très lente expansion du groupe, autant à l'échelle provinciale qu'à l'échelle mondiale.

Résumé du colloque

La sécularisation rapide du Québec, jumelée à la mobilité croissante des personnes – natives comme migrantes – et des ressources symboliques, expliquent la diversité religieuse de la métropole (Meintel et Mossière, 2013). Cette diversité est souvent erronément perçue comme un phénomène uniquement métropolitain et le fait exclusif des immigrants. S’opposeraient à cette diversité les régions du Québec, bastions d’un catholicisme culturel (Lemieux, 1990) porté par une démographie monoculturelle. Or, par suite des politiques de régionalisation de l’immigration (Poirier-Grenier, 2007; Simard, 1996), les régions se sont non seulement diversifiées culturellement (Quimper 2005, 2006), elles sont également entrées dans un régime de pluralité religieuse (Meunier et Wilkins-Laflamme, 2011).

Si Montréal entretient d’elle-même une image de diversité qui joue sur la production et la performance de celle-ci (Radice, 2013 : 19), qu’en est-il des régions du Québec dont l’image d’homogénéité ne correspond plus à leur diversité émergente (Gélinas et Derocher, 2012; Boucher, Meintel et Gélinas, 2013; Moisa, Meintel et Géinas, 2013)? Loin d’une logique centre-périphérie (Beyer, 1998), nous comptons élaborer un portrait des régions pour elles-mêmes. La diversité religieuse des régions demande à repenser le clivage anticipé par les politiques de régionalisation (Girard et Manègre, 1989) et à réfléchir aux spécificités propres des régions.

Les dynamiques religieuses des régions répondent-elles aux tendances montréalaises? Aurions-nous ici un nouveau portrait de la diversité religieuse proprement québécois? Ou doit-on plutôt envisager la diversité religieuse selon une logique spécifiquement régionale? Les régions partagent-elles un schème de diversité religieuse commun ou entretiennent-elles des dynamiques propres, contingentes de leur position géographique et de leur histoire? Le colloque, parrainé par le Centre d’études ethniques des universités montréalaises (CEETUM), mettra en commun les expertises de chercheurs s’étant intéressés à la diversité religieuse et aux régions pour aborder ces questions.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
section icon Date : 12 mai 2014

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