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Lucie Beaudry : UQAM - Université du Québec à Montréal
La littérature sur les conséquences de l'agression sexuelle aborde généralement le corps d'un œil externe; peu de travaux se fondent sur l'expérience de la personne agressée pour étudier la relation au corps et rares sont les écrits où la personne est abordée d'un point de vue somatique (« soma » signifiant « corps vécu »). Il apparaît pourtant pertinent de considérer cet angle, l'agression sexuelle étant à la base une transgression corporelle intime. Dans son mémoire de recherche autoethnographique, Lucie Beaudry s'est intéressée aux effets de l'éducation somatique sur son rapport au corps incestué. Après avoir longtemps entretenu un rapport au corps problématique, elle partage comment ses apprentissages somatiques ont contribué à une meilleure compréhension de ce rapport ainsi qu'à l'assainissement d'habitudes visant inconsciemment à engourdir et abstraire le corps. La méthodologie autoethnographique fut utilisée pour acquérir un savoir provenant d'une personne aux prises avec cette situation et ainsi ajouter au point de vue des disciplines des sciences sociales et médicales par le développement d'un savoir expérientiel. Prises de conscience et expériences somatiques sont ici partagées à travers des images et des textes créatifs.
Il n’y a pas d’existence humaine sans corps. Nous naissons, vivons et mourons avec notre corps, et c’est à travers celui-ci que nous faisons la rencontre d’autrui et du monde. Pourtant, dans le domaine de la médecine comme dans le domaine de la formation et des autres formes d’accompagnement à médiation corporelle, un écran tend à s’installer entre la personne et le professionnel. Le toucher, la palpation du corps, la relation directe face à face tendent à s’estomper au profit d’un recours de plus en plus systématique et massif aux différentes technologies. Le corps n’apparaît plus dans son dépouillement, son énigme et son intimité.
C’est le sens du soin et de la relation à l’autre qui se trouve affecté et détourné. C’est pourquoi le corps et le toucher deviennent la source de tout questionnement éthique et de toute recherche de sens. Il s’agit de se rappeler que le corps doit être pris comme point de départ de la relation. La relation au corps dans les processus d’accompagnement n’est peut-être pas une fin en soi.
Nous nous questionnerons à savoir si la relation au corps et au toucher mobilise quelque chose au niveau psychique? Pouvons-nous y attribuer des vertus curatives ou préventives? La relation au corps contribue-t-elle au bien-être? Permet-elle la rencontre de soi? Le corps donne-t-il un accès à la subjectivité ou est-ce la subjectivité qui donne accès au corps? À travers l’interdisciplinarité, nous offrons d’explorer le corps comme objet d’art, objet de création de psychomotricité, objet de soin et comme sujet de vie. De là, l’importance d’explorer également la place du toucher dans le développement de la personne humaine.
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