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Louis Bourdages : Cégep de Rimouski
Nos premières expériences et nos premières présences au monde se font par l'intermédiaire du corps. Il est ce par quoi chaque personne peut concrètement s'exprimer. «Le corps est l'instrument général de la compréhension du monde. On se sert de lui pour exister. On le fait pour s'adresser aux autres». (Merleau-Ponty dans Phénoménologie de la perception). Limiter le corps au «corps que j'ai» revient à nier son corps et sa corporalité, c'est en quelque sorte un corps objet où «je ne suis qu'un handicapé, réduit au seul handicap». Par contre, «le corps que je suis», c'est le corps comme instrument de compréhension du monde, celui que je sens et que j'expérimente à travers les expériences motrices et les expériences acquises à travers le mouvement, c'est le corps vécu. Le corps d'une personne valide fait en sorte que, par les mouvements continus et le changement de position et de maintien, la perception qu'elle a d'elle-même est continuellement actualisée. Lorsque pour différentes raisons, la motricité est réduite radicalement, la personne perd le contrôle de son corps. Elle n'est plus chez elle dans son corps, limitant ainsi sa capacité de communication et de compréhension du monde. Le rôle du clinicien est, entre autres, d'aider celle-ci à se réapproprier son corps par des exercices sensori-moteurs adaptés.
Il n’y a pas d’existence humaine sans corps. Nous naissons, vivons et mourons avec notre corps, et c’est à travers celui-ci que nous faisons la rencontre d’autrui et du monde. Pourtant, dans le domaine de la médecine comme dans le domaine de la formation et des autres formes d’accompagnement à médiation corporelle, un écran tend à s’installer entre la personne et le professionnel. Le toucher, la palpation du corps, la relation directe face à face tendent à s’estomper au profit d’un recours de plus en plus systématique et massif aux différentes technologies. Le corps n’apparaît plus dans son dépouillement, son énigme et son intimité.
C’est le sens du soin et de la relation à l’autre qui se trouve affecté et détourné. C’est pourquoi le corps et le toucher deviennent la source de tout questionnement éthique et de toute recherche de sens. Il s’agit de se rappeler que le corps doit être pris comme point de départ de la relation. La relation au corps dans les processus d’accompagnement n’est peut-être pas une fin en soi.
Nous nous questionnerons à savoir si la relation au corps et au toucher mobilise quelque chose au niveau psychique? Pouvons-nous y attribuer des vertus curatives ou préventives? La relation au corps contribue-t-elle au bien-être? Permet-elle la rencontre de soi? Le corps donne-t-il un accès à la subjectivité ou est-ce la subjectivité qui donne accès au corps? À travers l’interdisciplinarité, nous offrons d’explorer le corps comme objet d’art, objet de création de psychomotricité, objet de soin et comme sujet de vie. De là, l’importance d’explorer également la place du toucher dans le développement de la personne humaine.
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