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Les groupes de dévotion laïcs : indices d'une réappropriation du catholicisme au Québec dans la région de Saguenay

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Laurie Savard : Université de Montréal

Résumé de la communication

Comme le révèle Routhier (1996), depuis les années 1990 et peut-être même avant, la soi-disant sécularisation de la société par des processus étatiques combinés à des statistiques de délaissement des églises a produit un discours dominant où le Québec est représenté comme de plus en plus athée. Or, nos recherches au sein du GRDU démentent vivement cette hypothèse. En effet, la participation des croyants catholiques à des groupes de dévotion laïcs semblent démontrer une réappropriation de la foi catholique dans le Québec contemporain où l'institution n'est plus un critère pour avoir un discours religieux cohérent. Ne pas prendre en compte cette réalité tend à encourager un discours de déchristianisation du Québec basé majoritairement sur des données quantitatives de fréquentation des églises qui simplifie une situation très complexe. En ce sens, nos données empiriques récoltées dans la région de Saguenay au courant des étés 2011, 2012 et 2013 et complétées de quelques retours sporadiques tendent à montrer que le Québec est plus laïc que séculier (Lefebvre 2012).

Résumé du colloque

La sécularisation rapide du Québec, jumelée à la mobilité croissante des personnes – natives comme migrantes – et des ressources symboliques, expliquent la diversité religieuse de la métropole (Meintel et Mossière, 2013). Cette diversité est souvent erronément perçue comme un phénomène uniquement métropolitain et le fait exclusif des immigrants. S’opposeraient à cette diversité les régions du Québec, bastions d’un catholicisme culturel (Lemieux, 1990) porté par une démographie monoculturelle. Or, par suite des politiques de régionalisation de l’immigration (Poirier-Grenier, 2007; Simard, 1996), les régions se sont non seulement diversifiées culturellement (Quimper 2005, 2006), elles sont également entrées dans un régime de pluralité religieuse (Meunier et Wilkins-Laflamme, 2011).

Si Montréal entretient d’elle-même une image de diversité qui joue sur la production et la performance de celle-ci (Radice, 2013 : 19), qu’en est-il des régions du Québec dont l’image d’homogénéité ne correspond plus à leur diversité émergente (Gélinas et Derocher, 2012; Boucher, Meintel et Gélinas, 2013; Moisa, Meintel et Géinas, 2013)? Loin d’une logique centre-périphérie (Beyer, 1998), nous comptons élaborer un portrait des régions pour elles-mêmes. La diversité religieuse des régions demande à repenser le clivage anticipé par les politiques de régionalisation (Girard et Manègre, 1989) et à réfléchir aux spécificités propres des régions.

Les dynamiques religieuses des régions répondent-elles aux tendances montréalaises? Aurions-nous ici un nouveau portrait de la diversité religieuse proprement québécois? Ou doit-on plutôt envisager la diversité religieuse selon une logique spécifiquement régionale? Les régions partagent-elles un schème de diversité religieuse commun ou entretiennent-elles des dynamiques propres, contingentes de leur position géographique et de leur histoire? Le colloque, parrainé par le Centre d’études ethniques des universités montréalaises (CEETUM), mettra en commun les expertises de chercheurs s’étant intéressés à la diversité religieuse et aux régions pour aborder ces questions.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
section icon Date : 12 mai 2014

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