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Les implications méta-éthiques de l'antiréalisme global : déterminer (non pas inventer) le bien et le mal

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Antoine Panaioti : Union College

Résumé de la communication

L'antiréalisme moral peut paraître dangereux. Si le bien et le mal sont inventés plutôt que découverts, il semblerait que la validité même de la réflexion morale soit remise en question. Ainsi, l'antiréalisme est souvent associé au nihilisme moral et au laissez-faire généralisé qui en découlerait. Mais tout cela présuppose que l'on soit réaliste en ce qui concerne d'autres entités que les propriétés morales. En effet, ce n'est que si l'on admet l'existence de certaines entités (les chiffres, les particules) purement découvertes et non pas inventées qu'il est pertinent de préciser que les propriétés morales, elles, sont inventées plutôt que découvertes. Sur fond d'antiréalisme général (instrumentalisme en philosophie des sciences, nominalisme en philosophie du langage, constructivisme en épistémologie, etc.), l'antiréalisme méta-éthique perd de son mordant. S'il y a une part importante d'« invention » dans tous les domaines de la connaissance, le cas de la morale n'a rien de particulier. En premier lieu, nous considérerons les implications méta-éthiques d'un antiréalisme global. Nous esquisserons ensuite une théorie pragmatiste et contextualiste de la vérité morale. En ce qui a trait aux objectifs finaux visés par nos théories morales (et en fonction desquels ces dernières sauraient être validées), nous suggérerons que ceux-ci ne sont pas tant à inventer qu'à déterminer.

Résumé du colloque

L’amorce de toute philosophie semble être l’expression d’un état de crise. De la crise de la démocratie athénienne sans cesse ressassée par Platon à celle des sciences européennes théorisée par Husserl, de la crise qui ébranle l’autorité des Anciens au moment où la modernité prend un certain essor à la crise de cette modernité même qui s’exprime chez ceux qui proclament l’imminence de son dépassement, chaque fois il semble que l’urgence de philosopher soit l’effet d’une crise qu’on s’efforce de penser et à laquelle il faut réagir.

Tantôt c’est la philosophie elle-même qui se sent en crise et qui cherche à définir les conditions de légitimité de sa pratique – par exemple sous la forme de la critique kantienne; tantôt la philosophie met le monde qui l’entoure en crise parce qu’elle trouve qu’il ne s’interroge pas assez sur son ordre établi – comme dans l’annonce nietzschéenne de la mort de Dieu; tantôt enfin la philosophie s’offre comme réponse à une crise qui sème l’insécurité − on peut alors penser à la philosophie hobbesienne face à la guerre civile qui sévit en Angleterre. La crise, qu’elle soit à l’échelle individuelle, sociale ou qu’elle affecte l’être en son entier, commande l’urgence de philosopher.

Les questions qui sont ouvertes par ce thème sont nombreuses et cherchent à rendre possible la constitution d’échanges féconds entre philosophes issus de toutes les spécialisations et de toutes les écoles. De quelle crise le besoin exprimé par la société civile pour l’éthique est-il le symptôme? De quels types de crise la philosophie peut-elle être victime? Quels réconforts ou solutions peut-elle offrir lorsque le monde est en crise? Comment peut-elle accompagner les autres disciplines dans les soubresauts de légitimité qu’elles subissent? Les crises n’ont-elles que des aspects négatifs? Comment penser leur utilité? On le voit, ce thème peut être déployé de manière à interpeller tous les champs de la philosophie telle qu’elle se pratique aujourd’hui.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
section icon Date : 12 mai 2014

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