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Les personnes intersexuées : confrontées à la violence sociale/médicale et défi pour la protection juridique

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Simone EMMERT : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

Les corps intersexués sont médicalisés comme des états pathologiques parce qu'ils ne correspondent pas à la norme établie par le modèle binaire. Les «personnes intersexuées» sont décrites par le fait que leur statut n'est pas lié au genre, mais est associé à leur conformation biologique qui n'est ni exclusivement mâle ni exclusivement femelle, mais est typique des deux à la fois. Une opération de chirurgie plastique est recommandée aux jeunes enfants dans le but de garantir leur aspect génital à ce que l'on attend généralement du genre qui leur est assigné. En 2013, le Rapporteur Spécial sur la torture a publié son rapport en relation avec la Convention contre la torture. Il a constaté que les traitements médicaux non-justifiés causant des graves souffrances sont considérés comme torture. La conceptualisation des abus comme torture dans l'environnement hospitalier est un phénomène récent. Il a écrit que le droit à la santé détermine les obligations des États membres dans la législation en interdisant certaines thérapies comme des chirurgies correctrices chez des enfants mineurs sans leur consentement. Comme le Canada est un État membre de la CAT, il pourrait appliquer les recommandations en interdisant de telles chirurgies. C'est aussi possible, de reconnaître le droit de l'autodétermination comme droit personnel absolu dans ce sens où un consentement ne peut pas être donné par nulle autre personne que la personne possédante ce droit, sous-entendu, même pas par les parents.

Résumé du colloque

Ce colloque vise une réflexion interdisciplinaire sur les rapports complexes qui s’établissent entre violence et société. Bien qu’elle puisse parfois procéder d’un acte physique individuel, la violence, de par sa nature même, s’avère un phénomène éminemment social. Qu’elle se manifeste de façon concrète, par des sévices exercés sur soi-même ou infligés à autrui, ou de façon plus abstraite, par des formes de surveillance et de punition sanctionnées par l’État, la violence se cristallise souvent autour de rapports sociaux marqués par la tension. Or, l’analyse de ces mêmes rapports révèle, d’une part, les différentes manifestations de la violence, et d’autre part, comment la violence se conceptualise et parvient à s’ériger en système. Une telle analyse soulève inévitablement des questions auxquelles ce colloque se donne comme objectif de répondre : pourquoi la violence s’établit-elle dans certaines situations comme la norme? Quelles sont les conditions sociales qui favorisent l’exercice de la violence? Comment les groupes sociaux justifient-ils dans certains cas l’usage de la violence? Qu’est-ce qui distingue la violence du Mal? Quelles sont les répercussions de notre constante confrontation à la violence sur la sphère socioculturelle? Assiste-t-on à sa banalisation? Les multiples représentations de la violence sur nos écrans, en littérature, dans les arts visuels sont-elles le reflet fidèle de la réalité ou plutôt une volonté d’exorciser un mal ontologique, de « dire une faille » comme l’avançait Paul Ricœur?

À partir d’une perspective interdisciplinaire – historique, sociologique, philosophique, artistique, littéraire, cinématographique, théologique, etc. –, ce colloque abordera, entre autres, les thèmes suivants :

– violence entre les groupes et construction de l’identité

– violence et concepts du Mal

– violence en tant que stratégie de résistance

– violence étatique et construction de la nation

– crime et châtiment

– représentations socioculturelles de la violence.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
manager icon Responsables :
Cristian Berco
section icon Date : 12 mai 2014

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