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Les petites perceptions et la continuité chez Leibniz

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Antoine Charbonneau : Université de Montréal

Résumé de la communication

« On peut même dire qu'en conséquence de ces petites perceptions, le présent est gros de l'avenir et chargé du passé, que tout est conspirant… et que dans la moindre des substances, des yeux aussi perçants que ceux de Dieu pourraient lire toute la suite des choses de l'univers ». (NE, préface)

Le lien entre la théorie des petites perceptions et le rapport de la substance au passé et au futur est donc affirmé par Leibniz dans cet extrait, mais qu'en est-il précisément? La première théorie affirme l'existence des perceptions « inconscientes ». Ainsi selon cette théorie, « …les perceptions remarquables viennent par degrés de celles qui sont trop petites pour être remarquées » (NE, préface) Or en quoi ceci peut-il être associé à la thèse selon laquelle les substances contiennent en elles-mêmes tout ce qui leur est arrivé et tout ce qui leur arrivera (et même ce qui ne leur arrivera pas)? C'est le principe de continuité qui peut alors être évoqué, celui-ci affirmant l'absence de saut dans la nature qui agit plutôt par degrés. Dans cette communication, je montrerai ainsi comment cette théorie est cohérente avec la définition de la substance comme notion complète, exprimant confusément tous les éléments passés et futurs de l'univers.

Résumé du colloque

L’amorce de toute philosophie semble être l’expression d’un état de crise. De la crise de la démocratie athénienne sans cesse ressassée par Platon à celle des sciences européennes théorisée par Husserl, de la crise qui ébranle l’autorité des Anciens au moment où la modernité prend un certain essor à la crise de cette modernité même qui s’exprime chez ceux qui proclament l’imminence de son dépassement, chaque fois il semble que l’urgence de philosopher soit l’effet d’une crise qu’on s’efforce de penser et à laquelle il faut réagir.

Tantôt c’est la philosophie elle-même qui se sent en crise et qui cherche à définir les conditions de légitimité de sa pratique – par exemple sous la forme de la critique kantienne; tantôt la philosophie met le monde qui l’entoure en crise parce qu’elle trouve qu’il ne s’interroge pas assez sur son ordre établi – comme dans l’annonce nietzschéenne de la mort de Dieu; tantôt enfin la philosophie s’offre comme réponse à une crise qui sème l’insécurité − on peut alors penser à la philosophie hobbesienne face à la guerre civile qui sévit en Angleterre. La crise, qu’elle soit à l’échelle individuelle, sociale ou qu’elle affecte l’être en son entier, commande l’urgence de philosopher.

Les questions qui sont ouvertes par ce thème sont nombreuses et cherchent à rendre possible la constitution d’échanges féconds entre philosophes issus de toutes les spécialisations et de toutes les écoles. De quelle crise le besoin exprimé par la société civile pour l’éthique est-il le symptôme? De quels types de crise la philosophie peut-elle être victime? Quels réconforts ou solutions peut-elle offrir lorsque le monde est en crise? Comment peut-elle accompagner les autres disciplines dans les soubresauts de légitimité qu’elles subissent? Les crises n’ont-elles que des aspects négatifs? Comment penser leur utilité? On le voit, ce thème peut être déployé de manière à interpeller tous les champs de la philosophie telle qu’elle se pratique aujourd’hui.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
section icon Date : 12 mai 2014

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