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Denis Bussières : UQAM - Université du Québec à Montréal
Notre communication explorera le lieu de rencontre entre chercheurs et praticiens à la base de tout projet de coconstruction des connaissances, projet qui prend place au sein d'expériences collaboratives de recherche.
À partir du concept d'espace partenarial de recherche, nous tenterons de révéler ce qui se cache dans cette boîte noire de la coconstruction des connaissances. Le mystère de la boîte noire se révèle lorsque nous portons attention à ce que chacun des partenaires apporte dans ce lieu de rencontre. D'une part, chacun des partenaires est porteur d'un univers de référence constitué des positions axiologique et épistémique, qu'il mettra enjeu au sein de cet espace de recherche. D'autre part, comme les recherches partenariales sont centrées sur la recherche de solutions à différentes problématiques, les acteurs sont aussi porteurs d'hypothèses de réponses possibles provenant de leurs expériences pratiques ou théoriques et qu'ils voudront aussi mettre en jeu dans cet espace de collaboration. Enfin, les acteurs participent à cette culture de la rationalité qui caractérise les sociétés modernes. Cette rationalité s'incarne sous des modes différents pour les praticiens et les chercheurs. Pour ces derniers, celle-ci prend forme dans un habitus de travail qu'ils ont développé tout au cours de leur formation universitaire. Pour leur part, les praticiens sont aussi porteurs d'un habitus, mais qui apparaît plus poreux, car moins ancré dans un champ spécifique de formation.
Certains objets des sciences sociales appellent des approches partenariales en recherche et en diffusion et transfert des connaissances. La recherche-action est reconnue comme méthodologie dans les sciences sociales, mais, depuis quelque temps, on va au-delà avec une approche plutôt partenariale où les problématiques de la recherche sont définies conjointement par les acteurs et les chercheurs. La coconstruction de la connaissance n’est pas qu’un processus, elle est aussi une nouvelle épistémologie. Le partenariat en recherche et en transfert de connaissances s’appuie sur une double transversalité : d’une part, entre milieux de la pratique et milieux de la recherche scientifique, et d’autre part, entre les organismes ou acteurs qui partagent une préoccupation pour l’objet en question, sans pour autant que leur activité principale y soit dédiée (ex. : syndicats, entreprises publiques, économie sociale, etc.). Quelles sont les caractéristiques des objets des sciences sociales qui exigent plus particulièrement un mode partenarial? Qu’est-ce que ce partenariat a apporté à ces objets? Comment fonctionnent ces circuits de coconstruction de savoirs?
La première séance sera une table ronde avec des représentants de centres de liaison et de transfert (CLT), d’organismes de liaison et de transfert en innovation sociale (OLTIS) et de représentants en provenance du secteur public et d’économie sociale. La seconde séance (présentations orales) sera animée par des chercheurs et un praticien qui ont participé à des projets de recherche partenariale. La troisième séance sera une table ronde sur la recherche partenariale et le transfert de connaissances avec des représentants d’un ministère, d’une société d’État et de deux secteurs en économie sociale, soit la finance solidaire et le logement.