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L'esprit est-il une horloge?

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Julie Walsh : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

À l'époque moderne, la vague de la philosophie mécaniste a influencé presque chaque philosophe et presque chaque domaine de recherche. Les philosophes s'efforçaient de trouver la manière juste d'appliquer les forces et richesses des mathématiques, et en particulier la géométrie, à tout phénomène naturel: par exemple, l'explication du mouvement des corps terrestres et célestes, l'explication des irrégularités des corps humains et animaux, l'explication de la maladie en général. Bien que cette stratégie ait produit des résultats, une très grande difficulté se présente lorsqu'on porte notre l'attention sur les processus mentaux. La question est la suivante: est-il possible (ou, même, permis) d'appliquer la philosophie mécaniste au mouvement de pensée? Autrement dit, pourrait-on utiliser la perspective mécaniste afin d'expliquer les phénomènes intellectuels? Certains philosophes ont tout à fait refusé une telle suggestion. D'autres ont été moins scandalisés par l'idée. Cette présentation vise à examiner les enjeux de cette suggestion en discutant les positions de Hobbes, Locke, et Descartes.

Résumé du colloque

L’amorce de toute philosophie semble être l’expression d’un état de crise. De la crise de la démocratie athénienne sans cesse ressassée par Platon à celle des sciences européennes théorisée par Husserl, de la crise qui ébranle l’autorité des Anciens au moment où la modernité prend un certain essor à la crise de cette modernité même qui s’exprime chez ceux qui proclament l’imminence de son dépassement, chaque fois il semble que l’urgence de philosopher soit l’effet d’une crise qu’on s’efforce de penser et à laquelle il faut réagir.

Tantôt c’est la philosophie elle-même qui se sent en crise et qui cherche à définir les conditions de légitimité de sa pratique – par exemple sous la forme de la critique kantienne; tantôt la philosophie met le monde qui l’entoure en crise parce qu’elle trouve qu’il ne s’interroge pas assez sur son ordre établi – comme dans l’annonce nietzschéenne de la mort de Dieu; tantôt enfin la philosophie s’offre comme réponse à une crise qui sème l’insécurité − on peut alors penser à la philosophie hobbesienne face à la guerre civile qui sévit en Angleterre. La crise, qu’elle soit à l’échelle individuelle, sociale ou qu’elle affecte l’être en son entier, commande l’urgence de philosopher.

Les questions qui sont ouvertes par ce thème sont nombreuses et cherchent à rendre possible la constitution d’échanges féconds entre philosophes issus de toutes les spécialisations et de toutes les écoles. De quelle crise le besoin exprimé par la société civile pour l’éthique est-il le symptôme? De quels types de crise la philosophie peut-elle être victime? Quels réconforts ou solutions peut-elle offrir lorsque le monde est en crise? Comment peut-elle accompagner les autres disciplines dans les soubresauts de légitimité qu’elles subissent? Les crises n’ont-elles que des aspects négatifs? Comment penser leur utilité? On le voit, ce thème peut être déployé de manière à interpeller tous les champs de la philosophie telle qu’elle se pratique aujourd’hui.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
section icon Date : 12 mai 2014

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