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Saint-Denys Garneau dans le prisme de ses traducteurs hispano-américains

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Madeleine Stratford : UQO - Université du Québec en Outaouais

Résumé de la communication

Des quatre « grands aînés » de sa génération, le poète québécois Hector de Saint-Denys Garneau est le plus traduit en espagnol. Les premières versions circulent en Amérique latine dès les années 1990. Au cours des années 2000, deux recueils bilingues consacrés à son œuvre paraissent, traduits par Luis Vicente de Aguinaga. De tous les poèmes traduits, deux l'ont été à quatre reprises : « Accompagnement » et « Cage d'oiseau ». Nous nous intéressons ici à la façon dont le vers libre du poète a été reproduit. Nous déterminerons sous quel angle les traducteurs ont abordé chaque aspect des poèmes pour évaluer, s'il y a lieu, la fréquence des combinaisons traductives. Notre analyse permettra de constater comment le vers libre de Saint-Denys Garneau est donné à lire au public hispano-américain et à quel point leur contenu et leur style correspond aux originaux

[1]Les poètes qu'on a surnommé les « grands aînés » sont Anne Hébert, Alain Grandbois, Rina Lasnier et Hector de Saint-Denys Garneau.

[2]L'un d'eux, « Cage d'oiseau », a été traduit deux fois par Luis Vicente de Aguinaga. La deuxième version présente des changements mineurs.

[3]Pour plus de détails sur la méthodologie adoptée, voir : Stratford, Madeleine. « Un poème de Pizarnik sous toutes ses coutures : vers une nouvelle méthode d'analyse des traductions poétiques ». TTR 24.2 (2011), pp. 143-176.

Résumé du colloque

La journée d’étude que nous proposons dans le cadre du 82e congrès de l’Acfas vise l’approfondissement de la question de la retraduction. Par « retraduction » nous entendons toute nouvelle traduction d’un texte déjà traduit dans une même langue. Si la retraduction comme praxis existe depuis des milliers d’années, l’étude méthodique des retraductions apparaît avec la formation de la traductologie en tant que discipline dans les années 80 du 20e siècle. Cette étude des retraductions fait partie de ce qu’Antoine Berman appelait l’« archéologie de la traduction […], archéologie qui appartient à cette réflexion de la traduction sur elle-même » (Berman, Antoine. L’épreuve de l’étranger, Paris, Gallimard, 1984, p. 280). Notons qu’il existe deux modèles méthodologiques de base pour aborder les retraductions : la méthode régressive (ad fontes) qui permet de partir du moment présent et de reculer dans le temps, et la méthode progressive (ab initio) qui offre la possibilité d’avancer chronologiquement dans le temps et d’analyser le développement des retraductions de la première à la plus récente. La deuxième méthode peut mettre en lumière l’innovation non seulement sur le plan de la praxis, mais également sur le plan méthodologique même des analyses des retraductions, innovation offerte, entre autres, par les nouvelles technologies et les nouveaux contextes de production et de diffusion des textes.

Ainsi, notre journée d’étude s’intitule « Étude des retraductions comme archéologie et innovation en traductologie ». Nous invitons les participants à réfléchir – à partir d’études de cas – sur les questions en lien avec la retraduction. Que retraduit-on? Qui retraduit-on? Par qui retraduit-on? Pour qui retraduit-on? Quand retraduit-on? À quelle fréquence retraduit-on? Où retraduit-on? Pourquoi retraduit-on? Quels en sont les raisons et les buts? Comment retraduit-on? Peut-on dégager, à partir d’un corpus de retraductions d’une même œuvre, une taxinomie des retraductions?

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
manager icon Responsables :
Natalia TEPLOVA
section icon Date : 12 mai 2014

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