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Guillaume BOUCHER : Université de Montréal
Dans le cadre du projet « Dimensions du pluralisme religieux québécois » mené par le Groupe de recherche Diversité urbaine sous la direction du professeur Deirdre Meintel, nous avons documenté la diversité religieuse se manifestant dans la région des Laurentides, plus particulièrement à Saint-Jérôme. Nous avons répertorié 48 groupes appartenant à différentes confessions ainsi que 7 réseaux ésotériques. 24 d'entre eux ont fait l'objet d'études ethnographiques ponctuelles au cours des étés 2012 et 2013.
Nous avons observé que malgré la grande diversité des expressions religieuses, la guérison était une préoccupation largement partagée par les acteurs de la région. La guérison en tant que transformation de soi est également un thème commun aux groupes religieux étudiés par le projet de recherche global (Meintel et Mossière 2011). Sous cet angle, la spiritualité de Saint-Jérôme s'insère donc dans la dynamique globale des groupes religieux étudiés par le projet.
Par ailleurs, le thème de la guérison s'étend aussi à la vie sociale de Saint-Jérôme, et cette mise en mouvement de la guérison du privé vers le public par les groupes religieux est une caractéristique particulière de la région. Nous présenterons ici les expressions privées de la guérison. Ensuite, les expressions de l'extension de la guérison à la sphère publique seront abordées. Nous conclurons en nous interrogeant sur la possibilité qu'une telle spiritualité puisse porter les germes d'une socialité cosmopolite.
La sécularisation rapide du Québec, jumelée à la mobilité croissante des personnes – natives comme migrantes – et des ressources symboliques, expliquent la diversité religieuse de la métropole (Meintel et Mossière, 2013). Cette diversité est souvent erronément perçue comme un phénomène uniquement métropolitain et le fait exclusif des immigrants. S’opposeraient à cette diversité les régions du Québec, bastions d’un catholicisme culturel (Lemieux, 1990) porté par une démographie monoculturelle. Or, par suite des politiques de régionalisation de l’immigration (Poirier-Grenier, 2007; Simard, 1996), les régions se sont non seulement diversifiées culturellement (Quimper 2005, 2006), elles sont également entrées dans un régime de pluralité religieuse (Meunier et Wilkins-Laflamme, 2011).
Si Montréal entretient d’elle-même une image de diversité qui joue sur la production et la performance de celle-ci (Radice, 2013 : 19), qu’en est-il des régions du Québec dont l’image d’homogénéité ne correspond plus à leur diversité émergente (Gélinas et Derocher, 2012; Boucher, Meintel et Gélinas, 2013; Moisa, Meintel et Géinas, 2013)? Loin d’une logique centre-périphérie (Beyer, 1998), nous comptons élaborer un portrait des régions pour elles-mêmes. La diversité religieuse des régions demande à repenser le clivage anticipé par les politiques de régionalisation (Girard et Manègre, 1989) et à réfléchir aux spécificités propres des régions.
Les dynamiques religieuses des régions répondent-elles aux tendances montréalaises? Aurions-nous ici un nouveau portrait de la diversité religieuse proprement québécois? Ou doit-on plutôt envisager la diversité religieuse selon une logique spécifiquement régionale? Les régions partagent-elles un schème de diversité religieuse commun ou entretiennent-elles des dynamiques propres, contingentes de leur position géographique et de leur histoire? Le colloque, parrainé par le Centre d’études ethniques des universités montréalaises (CEETUM), mettra en commun les expertises de chercheurs s’étant intéressés à la diversité religieuse et aux régions pour aborder ces questions.
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