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Verlaine et ses (re)traductions en Corée

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Simon Kim : Korea University

Résumé de la communication

De tous les poètes français, Verlaine est sans doute le plus traduit. Il y a à cela plusieurs raisons : la langue de Verlaine, de prime abord plus accessible (quand on la compare aux expérimentations de Rimbaud, d'Apollinaire, de Mallarmé, ou des vers ciselés de Baudelaire), mais aussi son univers poétique dans lequel les Coréens virent très vite un écho à leur propre sentimentalité. De fait, la traduction de Verlaine en coréen a des conséquences très importantes en Corée, dans l'histoire de la réception de la poésie française et occidentale et dans l'écriture poétique coréenne elle-même. Elle introduit le symbolisme en poésie et toute une conception de l'écriture poétique dans laquelle se reconnaissent les poètes coréens. Traduit dès le début du XXe siècle à l'époque où on commence à découvrir (et traduire) les littératures de l'Occident, Verlaine fut ensuite retraduit, et chacune de ses retraductions amène une relecture et ré-interprétation de l'oeuvre du poète français et de son apport par la traduction à l'écriture poétique en langue coréenne. Car au-delà de son apparente simplicité, la langue poétique de Verlaine impose un rythme particulier qui résiste souvent à la traduction et qui amène le traducteur à ré-interroger sa propre langue. Cette communication reconstitue l'histoire de la traduction des poèmes de Verlaine en coréen et, parallèlement, l'histoire de leur réception et de l'influence qu'ils eurent sur la pratique de la poésie en langue.

Résumé du colloque

La journée d’étude que nous proposons dans le cadre du 82e congrès de l’Acfas vise l’approfondissement de la question de la retraduction. Par « retraduction » nous entendons toute nouvelle traduction d’un texte déjà traduit dans une même langue. Si la retraduction comme praxis existe depuis des milliers d’années, l’étude méthodique des retraductions apparaît avec la formation de la traductologie en tant que discipline dans les années 80 du 20e siècle. Cette étude des retraductions fait partie de ce qu’Antoine Berman appelait l’« archéologie de la traduction […], archéologie qui appartient à cette réflexion de la traduction sur elle-même » (Berman, Antoine. L’épreuve de l’étranger, Paris, Gallimard, 1984, p. 280). Notons qu’il existe deux modèles méthodologiques de base pour aborder les retraductions : la méthode régressive (ad fontes) qui permet de partir du moment présent et de reculer dans le temps, et la méthode progressive (ab initio) qui offre la possibilité d’avancer chronologiquement dans le temps et d’analyser le développement des retraductions de la première à la plus récente. La deuxième méthode peut mettre en lumière l’innovation non seulement sur le plan de la praxis, mais également sur le plan méthodologique même des analyses des retraductions, innovation offerte, entre autres, par les nouvelles technologies et les nouveaux contextes de production et de diffusion des textes.

Ainsi, notre journée d’étude s’intitule « Étude des retraductions comme archéologie et innovation en traductologie ». Nous invitons les participants à réfléchir – à partir d’études de cas – sur les questions en lien avec la retraduction. Que retraduit-on? Qui retraduit-on? Par qui retraduit-on? Pour qui retraduit-on? Quand retraduit-on? À quelle fréquence retraduit-on? Où retraduit-on? Pourquoi retraduit-on? Quels en sont les raisons et les buts? Comment retraduit-on? Peut-on dégager, à partir d’un corpus de retraductions d’une même œuvre, une taxinomie des retraductions?

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
manager icon Responsables :
Natalia TEPLOVA
section icon Date : 12 mai 2014

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