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Marie-Hélène Poulin : UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue
Les populations autochtones sont exposées à différents types de marginalisation. Récemment, la Gendarmerie Royale du Canada disait avoir procédé à un examen approfondi des dossiers des filles et des femmes autochtones tuées ou disparues dans sa juridiction, soit plus de 400 cas au total, et devrait poursuivre ses enquêtes dans les dossiers les plus importants (La Presse Canadienne, 2014). Cet intérêt pour des dossiers «tablettés» a été nourrit par les protestations et les sorties médiatiques de l'Association des Femmes Autochtones du Canada. Cette démission face à la violence subie par les autochtones est évocatrice des particularités avec lesquelles sont traités les victimes et leurs familles. En ce qui concerne les agresseurs, il semble que cette démission s'associe à la banalisation de la violence envers les femmes autochtones. Des facteurs historiques comme la fréquentation forcée des pensionnats, des éléments contextuels comme la discrimination sociale des autochtones, l'absence de considération des dirigeants politiques concernant l'impact du développement dans le nord et la relation des communautés avec les services policiers influencent la reconnaissance sociale du phénomène et l'intervention de l'état de façon culturellement adaptée.
Très prisés par les médias, les violences et crimes sexuels sont largement exploités et semblent développer un phénomène de mode et de fascination. Plus le crime est atroce, plus on le surexploite, que ce soit sur le plan concret dans les médias ou fantasmatique dans les feuilletons télévisés. Ainsi, depuis quelques années, la criminalité sexuelle revient sur le devant de la scène et interpelle tant la population que les différents acteurs d’intervention.
Mais de quoi parle-t-on?
Les violences et crimes sexuels concernent toutes les classes d’âge, tant pour les victimes que pour les agresseurs. Regroupés sous le terme d’agression sexuelle, ils présentent de nombreuses expressions telles que le viol, les abus sexuels et « autres infractions d’ordre sexuel ». Cette dernière expression comprend des infractions comme le voyeurisme et la bestialité, mais vise surtout les cas d’infractions de violence sexuelle envers les enfants : contacts ou incitation à des contacts sexuels,exploitation sexuelle, inceste, relations sexuelles anales, corruption d’enfants et leurre d’un enfant au moyen d’un ordinateur.
Les violences et crimes sexuels présentent une multitude de déviances du comportement sexuel : paraphilies, troubles de la personnalité, maladies psychiatriques avérées. La pédophilie, l’exhibitionnisme, le viol et le voyeurisme sont les déviances les plus fréquentes et souvent associées à un taux de récidive important (pédophilie). Plusieurs facteurs peuvent également être incriminés, comme les facteurs biologiques, psychologiques ou sociaux.
Cette criminalité interpelle plusieurs champs disciplinaires et met en action une multitude d’acteurs qui œuvrent à différents niveaux, tant pour les victimes que pour les criminels avérés ou potentiels. Les violences et crimes sexuels concernent toute la population en termes de victime potentielle. Il appert donc primordial de développer des approches, des actions et des réflexions pluridisciplinaires afin de pallier au mieux cette problématique.
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