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5150, rue des Ormes : la transposition de l'intériorité à l'écran

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Emilie Lamoureux : Université Concordia

Résumé de la communication

En cette époque où l'intermédialité est devenue chose courante, il n'est plus possible d'étudier chaque genre de façon individuelle. Le cinéma, par exemple, emprunte à la littérature des intrigues, des sujets et des discours. Cette dynamique de l'adaptation cinématographique appelle à une lecture comparative des œuvres et soulève la question de la « fidélité » à l'original. On sait que le cinéma et la littérature reposent sur des formes et procédés distincts : ce que la littérature raconte, le cinéma le montre. En ce sens, transposer un récit de l'écrit à l'écran nécessite forcément des ajustements. Or, s'il est assez facile de rendre une action en images, comment fait-on pour transposer des éléments qui relèvent de l'intériorité ? Ceux-ci sont aisément descriptibles par écrit, mais beaucoup plus difficiles à exposer visuellement. Dans cette perspective, ma communication portera sur 5150, rue des Ormes, un roman de Patrick Sénécal publié en 1994 et adapté au cinéma en 2009 par Éric Tessier. Je tenterai de démontrer que, en dépit des contraintes imposées par le média d'arrivée, l'intériorité des personnages du roman a bien été rendue dans l'adaptation. Pour ce faire, j'expliquerai d'abord de quelle façon Sénécal évoque les états d'âme et émotions dans sa narration ; je parlerai ensuite de la manière dont ces aspects sont rendus dans le film de Tessier en m'appuyant sur des exemples concrets (lecture de plans, de cadrages ; analyse de séquences).

Résumé du colloque

Ce colloque a pour visée de réfléchir aux résonances croisées entre littérature et phénomènes médiatiques, tout particulièrement dans le contexte contemporain. En effet, si la littérature a, de tout temps, incorporé des éléments qui lui étaient extérieurs ou étrangers (discours sociaux, description d’images, évocation de sons ou de musiques), la tendance paraît s’exacerber en une société postmoderne où priment les moyens de communication électroniques (vidéo, courriel, médias sociaux). De même, si les nouvelles formes médiatiques qui se mettent en place (hypertexte, Web 2.0 et 3.0) ouvrent à des potentialités d’expression inédites, elles n’en reposent pas moins souvent – ne serait-ce qu’en partie – sur un contenu textuel dont elles s’approprient, parfois inconsciemment, les propriétés formelles (rhétorique, narrativité). Bien que de tels mécanismes de partage et de transfert aient déjà fait l’objet d’études individuelles, on n’a, à notre connaissance, guère tenté de penser leur interaction dynamique ou leur réciprocité. Le défi – et l’originalité – de la présente rencontre sera donc de combiner ces deux approches pour essayer de saisir les « résonances médiatiques » à la fois dans la perspective de la création littéraire et dans celle de l’invention de nouveaux médias. Le cadre théorique privilégié sera celui offert par la sociocritique (interdiscursivité, imaginaire social), la sémiotique (figuration, iconicité, imaginaire) et l’intermédialité (immersion, virtualité), sans pour autant exclure l’apport d’autres démarches ou disciplines. Les participants sollicités viendront des études littéraires, mais aussi des études cinématographiques ou télévisuelles, de l’histoire de l’art, des communications ou des « game studies ».

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
manager icon Responsables :
Sophie Marcotte
section icon Date : 13 mai 2014

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