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Accompagner le mouvement de l'être vers la vie par la médiation du corps : pour une phénoménologie pratique en chemin avec Jan Patocka et Danis Bois

JR

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Jeanne-Marie Rugira : UQAR - Université du Québec à Rimouski

Résumé de la communication

Nous voici invités dans un espace d'échange réciproque d'expériences et de savoirs à propos de la place du corps et de la vie elle-même dans les processus d'accompagnement. Un espace où nous pouvons aborder la question délicate du corps humain, envisagé dans « son dépouillement, son énigme et son intimité […] et comme point de départ de toute relation ». Dès qu'on entre en relation d'intelligence et de sensibilité avec son propre corps, comme avec le corps de l'autre, nous dit Yvan Amar (2005), on découvre qu'on est pas un corps isolé, mais un corps de relation. Un corps-sujet situé dans un environnement et dans des contextes donnés. Une approche d'accompagnement somatique héritée des travaux de Danis Bois offre des protocoles qui permettent d'apprendre à ressentir son corps en mouvement, selon une perspective qui s'appuie davantage sur la conscience perceptive que sur la primauté d'une conscience réflexive. La mise en dialogue de la pensée du phénoménologue tchèque Jan Patocka avec les dimensions théoriques et pratiques de la pédagogie perceptive de Danis Bois, nous permettra de réfléchir ici sur quelques défis, enjeux éthiques et promesses de l'accompagnement par la médiation du corps.

Résumé du colloque

Il n’y a pas d’existence humaine sans corps. Nous naissons, vivons et mourons avec notre corps, et c’est à travers celui-ci que nous faisons la rencontre d’autrui et du monde. Pourtant, dans le domaine de la médecine comme dans le domaine de la formation et des autres formes d’accompagnement à médiation corporelle, un écran tend à s’installer entre la personne et le professionnel. Le toucher, la palpation du corps, la relation directe face à face tendent à s’estomper au profit d’un recours de plus en plus systématique et massif aux différentes technologies. Le corps n’apparaît plus dans son dépouillement, son énigme et son intimité.

C’est le sens du soin et de la relation à l’autre qui se trouve affecté et détourné. C’est pourquoi le corps et le toucher deviennent la source de tout questionnement éthique et de toute recherche de sens. Il s’agit de se rappeler que le corps doit être pris comme point de départ de la relation. La relation au corps dans les processus d’accompagnement n’est peut-être pas une fin en soi.

Nous nous questionnerons à savoir si la relation au corps et au toucher mobilise quelque chose au niveau psychique? Pouvons-nous y attribuer des vertus curatives ou préventives? La relation au corps contribue-t-elle au bien-être? Permet-elle la rencontre de soi? Le corps donne-t-il un accès à la subjectivité ou est-ce la subjectivité qui donne accès au corps? À travers l’interdisciplinarité, nous offrons d’explorer le corps comme objet d’art, objet de création de psychomotricité, objet de soin et comme sujet de vie. De là, l’importance d’explorer également la place du toucher dans le développement de la personne humaine.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
section icon Date : 13 mai 2014

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