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Estelle Brun
Aztec Ruins, inscrit avec Chaco Canyon au Patrimoine Mondial, présente la particularité d'être un site intra-muros, au cœur de la ville d'Aztec. Les tailles de la ville et du parc, toutes deux réduites, ont favorisé une politique de soutien au parc par la ville, qui devient petit-à-petit son emblème, et l'unique attraction touristique du lieu. Un travail de partenariat entre la mairie et le parc a mené à la décision de construire un pont piéton qui reliera le centre de la ville au parc, et dont le but est clair : développer cette connexion entre l'habitant et ce site historique en l'intégrant au schéma urbain.
Au-delà, une autre connexion éducative et culturelle, est notable et touche un autre public, celui des jeunes, des instituteurs et des élèves des écoles voisines. Le parc a ainsi acquis l'attention des écoles; où se déplacent depuis deux ans les rangers qui ont ainsi fait connaitre le site, son histoire et les cultures vivantes auxquelles il est rattaché (cultures pueblos et navajos). De fait, ils ont visité plus de 150 classes en 2011-2012, dont beaucoup sont venues par la suite au parc.
Il s'agit ici, d'une part, de faire face aux lacunes, notamment historiques, concernant ce patrimoine, les cultures et les tribus auxquelles il est affilié, et que ce jeune public se rende compte que ces cultures sont encore belles et bien vivantes. D'autre part, il s'agit de faire face à une autre lacune, celle du manque de connaissance à propos le titre de « Patrimoine Mondial ».
Avec près de 1000 sites, la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO s’est imposée comme incontournable, tant pour les opérateurs touristiques que pour les autorités locales qui y voient une ressource pour le développement. Mais depuis quelques années, la place des habitants est devenue centrale dans la gestion de ces sites. En effet, comment est-il possible d’attirer les touristes tout en préservant, ou améliorant, les conditions de vie des habitants? Récemment s’est développée l’idée qu’il serait nécessaire d’intégrer les habitants à la gestion des sites. Si cette approche pose encore de nombreuses interrogations, elle pose aussi la question, rarement évoquée, de l’intégration des touristes et des activités touristiques dans la gestion et la planification. Pourtant, l’influence du tourisme semble évidente quand il s’agit d’analyser l’évolution des infrastructures et des aménagements urbains dans ces quartiers, mais on peut se demander si cette influence n’est pas plus profonde qu’il n’y paraît, et dans quelle mesure les acteurs locaux n’anticipent-ils pas les attentes des touristes, ou ce qu’ils pensent être leurs attentes. Comment dans ce cas connaître ces attentes et doit-on les prendre en compte? Est-il possible de combiner les attentes et besoins du tourisme aux particularismes locaux pour éviter une uniformisation qui va à l’encontre de l’idée même du patrimoine? Par ailleurs, si dans certains sites, on propose déjà aux touristes étrangers de participer à des projets de restauration et de mise en valeur, y aurait-il lieu d’imaginer des solutions permettant une implication plus large et plus accessible à la conservation et au développement local? En d’autres termes, ce colloque propose de poser la question de la gestion participative des sites inscrits au patrimoine mondial, mais en l’abordant sous l’angle de l’influence et de la participation des touristes, et pas seulement celle des habitants.
Titre du colloque :