pen icon Colloque
quote

Beckett et le nouveau néant

GH

Membre a labase

Geneviève Hamel : Cégep André-Laurendeau

Résumé de la communication

Qu'arrive-t-il lorsque, errant sur Youtube, un regard tombe sur une adaptation de l'œuvre de Samuel Beckett ? De L'Innommable transformé en dessin animé, en passant par un extrait du jeu vidéo inspiré d'En attendant Godot, jusqu'aux LEGO jouant à Fin de partie, les œuvres beckettiennes sont récupérées par le monde moderne, transformées par nos nouvelles technologies, projetées à travers ce réseau sans limite et sans fin que constitue le web. Le désir d'adapter les textes de Beckett soulève tant l'enthousiasme des artistes que la résistance des puristes. La question se pose donc : ces adaptations sont-elles vraiment en mesure de transmettre la vision beckettienne à un nouveau public, ou sont-elles en train de malmener à la fois la création originale et la réflexion esthétique qu'elle porte ? C'est avec cette question en tête que nous examinerons le plus étrange de ces objets, presque anonyme et plutôt inaperçu : For Company. Difficilement qualifiable de film, l'œuvre présente un fond noir, parsemé de rares éclairs blancs, se superposant à une trame sonore où des bruits (puissants et désagréables) sont en apparence dénués de sens. Aucune image à proprement parler, aucun mot, aucun signe. Que reste-t-il donc du texte Compagnie ? Que reste-t-il de cette « voix [qui] parvient à quelqu'un dans le noir » et tout ce qui s'ensuit ? Ne resterait-il alors que l'anéantissement total de toute existence, but ultime de l'œuvre beckettienne ?

Résumé du colloque

Ce colloque a pour visée de réfléchir aux résonances croisées entre littérature et phénomènes médiatiques, tout particulièrement dans le contexte contemporain. En effet, si la littérature a, de tout temps, incorporé des éléments qui lui étaient extérieurs ou étrangers (discours sociaux, description d’images, évocation de sons ou de musiques), la tendance paraît s’exacerber en une société postmoderne où priment les moyens de communication électroniques (vidéo, courriel, médias sociaux). De même, si les nouvelles formes médiatiques qui se mettent en place (hypertexte, Web 2.0 et 3.0) ouvrent à des potentialités d’expression inédites, elles n’en reposent pas moins souvent – ne serait-ce qu’en partie – sur un contenu textuel dont elles s’approprient, parfois inconsciemment, les propriétés formelles (rhétorique, narrativité). Bien que de tels mécanismes de partage et de transfert aient déjà fait l’objet d’études individuelles, on n’a, à notre connaissance, guère tenté de penser leur interaction dynamique ou leur réciprocité. Le défi – et l’originalité – de la présente rencontre sera donc de combiner ces deux approches pour essayer de saisir les « résonances médiatiques » à la fois dans la perspective de la création littéraire et dans celle de l’invention de nouveaux médias. Le cadre théorique privilégié sera celui offert par la sociocritique (interdiscursivité, imaginaire social), la sémiotique (figuration, iconicité, imaginaire) et l’intermédialité (immersion, virtualité), sans pour autant exclure l’apport d’autres démarches ou disciplines. Les participants sollicités viendront des études littéraires, mais aussi des études cinématographiques ou télévisuelles, de l’histoire de l’art, des communications ou des « game studies ».

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
manager icon Responsables :
Sophie Marcotte
section icon Date : 13 mai 2014

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :