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Comment améliorer les techniques d'entretien en sciences sociales pour accéder à la mémoire des enquêtés? Entre innovation et pluridisciplinarité

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Romy Sauvayre : Centre national de la recherche scientifique

Résumé de la communication

Les recherches menées sur le cerveau et plus particulièrement sur la mémoire n'ont cessé d'éclairer sous un jour nouveau, différents mécanismes cognitifs au moyen notamment de la neuro-imagerie cérébrale. Certaines études montrent que la mémoire est sujette à des reconstructions, à des « réinterprétations successives » (Edelman, 1992) ou à des mémorisations partielles de sorte qu'elle ne serait pas le reflet exact de l'expérience passée. Or, de nombreux autres travaux avancent que les émotions améliorent la mémorisation et facilitent la remémoration. Les effets des émotions sur la mémoire varient non seulement en fonction des contextes, mais également en fonction du type de mémoire sollicité. Or, la recherche qualitative en sociologie repose très souvent sur le témoignage rétrospectif d'acteurs sociaux. La question des modalités d'accès à ces souvenirs et à leur fiabilité se pose pour le sociologue qui ne dispose pas toujours d'archives pour croiser les données recueillies. Cette communication tentera de poser les termes du débat afin de questionner les conditions d'accès à la mémoire autobiographique en situation d'entretien biographique, et de proposer des techniques innovantes – la « contextualisation cognitive et émotionnelle » (Sauvayre, 2013) – facilitant le recueil de données biographiques, en contournant les effets délétères de la rationalisation, des reconstructions mnésiques a posteriori, des discours stéréotypés ou de la désirabilité sociale.

Résumé du colloque

De récents articles (Taylor, Coffey, 2009; Pain, 2009; Travers, 2009; Wiles, Crow et Pain, 2011) présentent des analyses de pratiques de recherche qui s’affichent innovantes et mettent en lumière une problématique intéressante à explorer. Travers (2009) estime que ce qui est présenté comme une innovation par les chercheurs est de fait une adaptation ou un raffinement de méthodes classiques. Wiles, Crow et Pain (2011) soutiennent que les innovations analysées ne montrent pas de réels changements de paradigme dans le champ de la recherche qualitative, mais qu’elles correspondent surtout à des développements technologiques ou constituent des adaptations de méthodes traditionnelles.

La question de l’innovation en méthodologie pourra être abordée sous deux angles. D’une part, on ne peut nier que les efforts soutenus des chercheurs en recherche qualitative ont permis l’émergence d’un ensemble de pratiques de recherche tout à fait innovantes. Parmi ces pratiques, peut-on cerner de grandes innovations en recherche qualitative? Quelles sont-elles et comment ont-elles modifié notre regard sur le processus même de recherche? La recherche qualitative serait-elle, en elle-même, une innovation?

Par ailleurs, sur le plan théorique, comment, en recherche qualitative, définir l’innovation? En quoi une innovation se distingue-t-elle d’une adaptation ou d’un transfert? Quelles sont les conditions nécessaires, indispensables ou essentielles pour qualifier un dispositif d’innovation? Sur le plan pratique, dans les recherches actuelles, quels sont les motifs qui les justifient et à quel niveau les situer (méthode, éthique, instrumentation, analyse, etc.)? À quelles exigences répondent-ils qui ne puissent être remplies par les dispositifs existants? Quelles conséquences découlent des nouvelles conditions d’emploi du dispositif?

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
manager icon Responsables :
Chantal Royer
section icon Date : 13 mai 2014

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