pen icon Colloque
quote

Comment faire cohabiter les perspectives locales avec les impératifs de la conservation et du tourisme : expérimentations au sein du parc d'Angkor

RC

Membre a labase

Rémy Darith Chhem : Université d'Ottawa

Résumé de la communication

Lorsque Angkor fut désigné patrimoine mondial en 1992, les critères évoqués ont particulièrement porté sur ses valeurs artistique et architecturale (UNESCO, 2014). Auparavant, la guerre civile et la « re-découverte » du site par les explorateurs coloniaux participèrent également à construire cette conscience d'une terra nullius (Edwards, 2007; Winter, 2002). Pourtant, le parc archéologique d'Angkor a toujours été habité. Sa population actuelle s'élève à une centaine de milliers d'habitants (APSARA, 2005). La considération récente de leur présence aux côtés des enjeux de la conservation et du tourisme a mené à une participation locale accrue et à une renégociation des valeurs patrimoniales associées au site (Lloyd, 2009; Sokrithy, 2007).

Fondée sur un stage effectué à l'été 2011 au sein du Département voué à la gestion de l'usage du sol et de l'habitat de l'agence gouvernementale APSARA, la présentation cherche à cerner les tensions qui se jouent entre les politiques générales d'encadrement des zones de protection 1 et 2 du parc et les perceptions des acteurs locaux (résidents et administrateurs). À partir de recherches et d'observations réalisées notamment dans le cadre de l'application d'une politique de contrôle de l'environnement bâti et de la mise en place d'un éco-village, mon objectif est de réfléchir aux limites et potentialités de la stratégie des aires protégées adoptée dans le parc d'Angkor pour le développement local des communautés.

Résumé du colloque

Avec près de 1000 sites, la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO s’est imposée comme incontournable, tant pour les opérateurs touristiques que pour les autorités locales qui y voient une ressource pour le développement. Mais depuis quelques années, la place des habitants est devenue centrale dans la gestion de ces sites. En effet, comment est-il possible d’attirer les touristes tout en préservant, ou améliorant, les conditions de vie des habitants? Récemment s’est développée l’idée qu’il serait nécessaire d’intégrer les habitants à la gestion des sites. Si cette approche pose encore de nombreuses interrogations, elle pose aussi la question, rarement évoquée, de l’intégration des touristes et des activités touristiques dans la gestion et la planification. Pourtant, l’influence du tourisme semble évidente quand il s’agit d’analyser l’évolution des infrastructures et des aménagements urbains dans ces quartiers, mais on peut se demander si cette influence n’est pas plus profonde qu’il n’y paraît, et dans quelle mesure les acteurs locaux n’anticipent-ils pas les attentes des touristes, ou ce qu’ils pensent être leurs attentes. Comment dans ce cas connaître ces attentes et doit-on les prendre en compte? Est-il possible de combiner les attentes et besoins du tourisme aux particularismes locaux pour éviter une uniformisation qui va à l’encontre de l’idée même du patrimoine? Par ailleurs, si dans certains sites, on propose déjà aux touristes étrangers de participer à des projets de restauration et de mise en valeur, y aurait-il lieu d’imaginer des solutions permettant une implication plus large et plus accessible à la conservation et au développement local? En d’autres termes, ce colloque propose de poser la question de la gestion participative des sites inscrits au patrimoine mondial, mais en l’abordant sous l’angle de l’influence et de la participation des touristes, et pas seulement celle des habitants.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
section icon Date : 13 mai 2014

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :