Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Audrey Lachaîne-Lamothe : Université de Montréal
De plus en plus de chercheurs s'intéressent aux diverses possibilités qu'offrent les techniques visuelles et technologiques comme espace d'expression pour les jeunes, dans une perspective participative. Constamment témoins de l'expansion des médias sociaux dans notre quotidien, nous pouvons nous interroger sur la contribution de la technologie, de l'image et la parole dans le domaine de la recherche en éducation. Dans cette optique, notre présentation portera sur l'utilisation de diverses techniques multimédia en recherche et la manière dont ces pratiques permettent un regard différent sur le processus d'apprentissage des jeunes et sur leur potentiel pédagogique. De plus, nous nous intéressons à la manière dont les jeunes utilisent la vidéo comme espace d'expression et d'exploration des formes d'engagement dans leur processus d'apprentissage. Ces techniques peuvent favoriser chez le jeune une prise de position sur ses apprentissages où il est invité à mobiliser ses propres ressources d'une façon signifiante. Il devient alors porteur de sa voix et de ses apprentissages et messager de l'image qu'il souhaite transmettre de lui-même et de ses savoirs. La présentation se concentrera notamment sur un projet vidéo réalisé en 2013 auprès d'un petit groupe de jeunes déjà suivies auparavant dans le cadre d'une recherche réalisée dans un programme communautaire parascolaire de nature scientifique de Montréal
De récents articles (Taylor, Coffey, 2009; Pain, 2009; Travers, 2009; Wiles, Crow et Pain, 2011) présentent des analyses de pratiques de recherche qui s’affichent innovantes et mettent en lumière une problématique intéressante à explorer. Travers (2009) estime que ce qui est présenté comme une innovation par les chercheurs est de fait une adaptation ou un raffinement de méthodes classiques. Wiles, Crow et Pain (2011) soutiennent que les innovations analysées ne montrent pas de réels changements de paradigme dans le champ de la recherche qualitative, mais qu’elles correspondent surtout à des développements technologiques ou constituent des adaptations de méthodes traditionnelles.
La question de l’innovation en méthodologie pourra être abordée sous deux angles. D’une part, on ne peut nier que les efforts soutenus des chercheurs en recherche qualitative ont permis l’émergence d’un ensemble de pratiques de recherche tout à fait innovantes. Parmi ces pratiques, peut-on cerner de grandes innovations en recherche qualitative? Quelles sont-elles et comment ont-elles modifié notre regard sur le processus même de recherche? La recherche qualitative serait-elle, en elle-même, une innovation?
Par ailleurs, sur le plan théorique, comment, en recherche qualitative, définir l’innovation? En quoi une innovation se distingue-t-elle d’une adaptation ou d’un transfert? Quelles sont les conditions nécessaires, indispensables ou essentielles pour qualifier un dispositif d’innovation? Sur le plan pratique, dans les recherches actuelles, quels sont les motifs qui les justifient et à quel niveau les situer (méthode, éthique, instrumentation, analyse, etc.)? À quelles exigences répondent-ils qui ne puissent être remplies par les dispositifs existants? Quelles conséquences découlent des nouvelles conditions d’emploi du dispositif?
Thème du colloque :