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En quoi consiste une théorie préformationniste du développement à l'ère post-génomique?

GB

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Ghyslain Bolduc : Université de Montréal

Résumé de la communication

Faisant écho à la Synthèse Moderne, la découverte de l'ADN marque l'avènement de théories du développement que l'on pourrait qualifier de pré-informationnistes. L'inférence de Crick (1953), selon laquelle l'ADN constitue le substrat d'un code contenant l'information déterminante à la production des protéines, était juste, mais l'extrapolation cybernétique autour de la notion de programme génétique relevait d'un pur souci de cohérence théorique. Chez Jacques Monod, les « processus épigénétiques » n'assurent que la régulation du message génétique, où l'organisme est « fermé sur soi-même, et absolument incapable de recevoir quelque enseignement que ce soit du monde extérieur » (Monod 1970 : 145). Les déceptions à la suite du séquençage du génome humain et notre compréhension de plus en plus raffinée des mécanismes épigénétiques et de leur complexité, semblent mettre au défi le pré-informationnisme hérité de la cybernétique et de la Synthèse Moderne. Or, certains biologistes adaptent désormais ce principe à la biologie développementale, certains n'hésitant pas à parler de « représentations » ou de « codes » épigénétiques (Shea 2011), d'autres revenant à un préformationnisme structurel classique, enchevêtrant les déterminants génétiques, épigénétiques et extragénomiques d'un développement essentiellement hérité (Sapp 2003). Nous verrons en quoi consistent ces tentatives contemporaines de sauvegarde de la préformation, et nous nous interrogerons sur leur pertinence.

Résumé du colloque

L’amorce de toute philosophie semble être l’expression d’un état de crise. De la crise de la démocratie athénienne sans cesse ressassée par Platon à celle des sciences européennes théorisée par Husserl, de la crise qui ébranle l’autorité des Anciens au moment où la modernité prend un certain essor à la crise de cette modernité même qui s’exprime chez ceux qui proclament l’imminence de son dépassement, chaque fois il semble que l’urgence de philosopher soit l’effet d’une crise qu’on s’efforce de penser et à laquelle il faut réagir.

Tantôt c’est la philosophie elle-même qui se sent en crise et qui cherche à définir les conditions de légitimité de sa pratique – par exemple sous la forme de la critique kantienne; tantôt la philosophie met le monde qui l’entoure en crise parce qu’elle trouve qu’il ne s’interroge pas assez sur son ordre établi – comme dans l’annonce nietzschéenne de la mort de Dieu; tantôt enfin la philosophie s’offre comme réponse à une crise qui sème l’insécurité − on peut alors penser à la philosophie hobbesienne face à la guerre civile qui sévit en Angleterre. La crise, qu’elle soit à l’échelle individuelle, sociale ou qu’elle affecte l’être en son entier, commande l’urgence de philosopher.

Les questions qui sont ouvertes par ce thème sont nombreuses et cherchent à rendre possible la constitution d’échanges féconds entre philosophes issus de toutes les spécialisations et de toutes les écoles. De quelle crise le besoin exprimé par la société civile pour l’éthique est-il le symptôme? De quels types de crise la philosophie peut-elle être victime? Quels réconforts ou solutions peut-elle offrir lorsque le monde est en crise? Comment peut-elle accompagner les autres disciplines dans les soubresauts de légitimité qu’elles subissent? Les crises n’ont-elles que des aspects négatifs? Comment penser leur utilité? On le voit, ce thème peut être déployé de manière à interpeller tous les champs de la philosophie telle qu’elle se pratique aujourd’hui.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
section icon Date : 13 mai 2014

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