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Pascale Froment : Aix-Marseille Université
Inscrit au patrimoine mondial de l'Humanité en 1995, le centre historique de Naples présente l'un des sites les plus complexes en termes de gestion et de conservation compte tenu de son extension, des densités d'habitation et de l'état de dégradation qui l'a longtemps stigmatisé. La communication propose une réflexion sur le rapport entre gestion participative des sites de l'Unesco et développement local, à partir du territoire de la Sanità, l'un des quartiers populaires du centre de Naples très riche sur le plan culturel mais aussi très dégradé sur les plans architectural et socio-économique. Cette expérience engagée au début des années 2000 offre un exemple de gestion participative qui s'est donné comme double objectif de concilier le développement du quartier pour les habitants et la valorisation pour le tourisme du remarquable patrimoine historique et culturel local. Son originalité tient à ses logiques de gestion fondées sur la rencontre entre des initiatives partant du bas et l'implication financière et logistique d'organisations no profit, qui ont permis d'ouvrir des sites longtemps fermés et de nouvelles structures d'accueil promouvant un tourisme « intelligent ». L'évolution depuis dix ans témoigne du changement de regard – médias, touristes, habitants - sur le patrimoine et le territoire et pose la question de la singularité – « transférabilité » de cette expérience pour les politiques publiques en particulier, mais non exclusivement, dans le contexte méditerranéen.
Avec près de 1000 sites, la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO s’est imposée comme incontournable, tant pour les opérateurs touristiques que pour les autorités locales qui y voient une ressource pour le développement. Mais depuis quelques années, la place des habitants est devenue centrale dans la gestion de ces sites. En effet, comment est-il possible d’attirer les touristes tout en préservant, ou améliorant, les conditions de vie des habitants? Récemment s’est développée l’idée qu’il serait nécessaire d’intégrer les habitants à la gestion des sites. Si cette approche pose encore de nombreuses interrogations, elle pose aussi la question, rarement évoquée, de l’intégration des touristes et des activités touristiques dans la gestion et la planification. Pourtant, l’influence du tourisme semble évidente quand il s’agit d’analyser l’évolution des infrastructures et des aménagements urbains dans ces quartiers, mais on peut se demander si cette influence n’est pas plus profonde qu’il n’y paraît, et dans quelle mesure les acteurs locaux n’anticipent-ils pas les attentes des touristes, ou ce qu’ils pensent être leurs attentes. Comment dans ce cas connaître ces attentes et doit-on les prendre en compte? Est-il possible de combiner les attentes et besoins du tourisme aux particularismes locaux pour éviter une uniformisation qui va à l’encontre de l’idée même du patrimoine? Par ailleurs, si dans certains sites, on propose déjà aux touristes étrangers de participer à des projets de restauration et de mise en valeur, y aurait-il lieu d’imaginer des solutions permettant une implication plus large et plus accessible à la conservation et au développement local? En d’autres termes, ce colloque propose de poser la question de la gestion participative des sites inscrits au patrimoine mondial, mais en l’abordant sous l’angle de l’influence et de la participation des touristes, et pas seulement celle des habitants.
Titre du colloque :