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Expliquer la transition de l'inerte au vivant : la « vie » par degrés et modalités

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Christophe Malaterre : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

L'épineuse question de définir la vie présuppose souvent que la vie soit conçue comme une propriété dichotomique: ou bien un système est vivant, ou bien il ne l'est pas. Il n'existe néanmoins pas de consensus sur la « bonne » manière de définir la vie, ni même sur le caractère vivant ou non d'un grand nombre de systèmes naturels, à la limite entre le vivant et le non-vivant. Devant ce double constat, certains ont proposé de concevoir la vie comme une propriété graduelle, ce qui permettrait notamment de rendre compte de l'existence d'une zone grise entre l'inerte et l'animé (Bruylants et al. 2010; Malaterre 2010; Bedau 2011). Dans cette contribution, je reviens sur les raisons d'une telle conception gradualiste de la vie, et propose de la compléter par une caractérisation en termes de modalités fonctionnelles : selon cette caractérisation de la vie, des systèmes matériels pourraient être qualifiés de plus ou moins vivants en fonction de leur degré de performance dans la réalisation d'un certain nombre de modalités fonctionnelles (par exemple: la capacité de se reproduire, de s'isoler de l'environnement, etc.). Il est alors possible de caractériser plus finement les systèmes naturels en fonction d'une « signature de vie » multidimensionnelle. Si une telle conception de la vie est pertinente, l'identification de types de systèmes plus ou moins vivants et leur taxonomie le sont alors tout autant pour comprendre comment la nature parvient à animer l'inanimé.

Résumé du colloque

L’amorce de toute philosophie semble être l’expression d’un état de crise. De la crise de la démocratie athénienne sans cesse ressassée par Platon à celle des sciences européennes théorisée par Husserl, de la crise qui ébranle l’autorité des Anciens au moment où la modernité prend un certain essor à la crise de cette modernité même qui s’exprime chez ceux qui proclament l’imminence de son dépassement, chaque fois il semble que l’urgence de philosopher soit l’effet d’une crise qu’on s’efforce de penser et à laquelle il faut réagir.

Tantôt c’est la philosophie elle-même qui se sent en crise et qui cherche à définir les conditions de légitimité de sa pratique – par exemple sous la forme de la critique kantienne; tantôt la philosophie met le monde qui l’entoure en crise parce qu’elle trouve qu’il ne s’interroge pas assez sur son ordre établi – comme dans l’annonce nietzschéenne de la mort de Dieu; tantôt enfin la philosophie s’offre comme réponse à une crise qui sème l’insécurité − on peut alors penser à la philosophie hobbesienne face à la guerre civile qui sévit en Angleterre. La crise, qu’elle soit à l’échelle individuelle, sociale ou qu’elle affecte l’être en son entier, commande l’urgence de philosopher.

Les questions qui sont ouvertes par ce thème sont nombreuses et cherchent à rendre possible la constitution d’échanges féconds entre philosophes issus de toutes les spécialisations et de toutes les écoles. De quelle crise le besoin exprimé par la société civile pour l’éthique est-il le symptôme? De quels types de crise la philosophie peut-elle être victime? Quels réconforts ou solutions peut-elle offrir lorsque le monde est en crise? Comment peut-elle accompagner les autres disciplines dans les soubresauts de légitimité qu’elles subissent? Les crises n’ont-elles que des aspects négatifs? Comment penser leur utilité? On le voit, ce thème peut être déployé de manière à interpeller tous les champs de la philosophie telle qu’elle se pratique aujourd’hui.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
section icon Date : 13 mai 2014

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